Au cœur des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, le blocage du détroit d'Ormuz a provoqué une explosion des coûts pétroliers, impactant ainsi fortement le prix des carburants à la pompe en France. Dans une interview accordée à franceinfo, Olivier Gantois, président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP), a averti que les automobilistes devront probablement composer avec des prix « extrêmement élevés » tant que ce passage stratégique restera inaccessible.
« Tant que le détroit d'Ormuz restera bloqué, nous serons contraints de garder ces tarifs très élevés », a indiqué Gantois, qui cite une hausse anticipée des prix dès le début des hostilités le 28 février dernier, alors même qu'aucune pénurie ne s’était encore manifestée. Toutefois, il a noté une récente accalmie, soutenue par des négociations entre les États-Unis et l'Iran, se déroulant au Pakistan.
Des marges « raisonnables » malgré la crise
Le président de l’UFIP a également réagi aux accusations concernant les marges jugées excessives des distributeurs. Lors d'une réunion avec le gouvernement, il a souligné que ces acteurs économiques maintenaient des marges « raisonnables » face aux circonstances actuelles. Cependant, la guerre au Moyen-Orient a durement impacté la navigation dans cette zone cruciale où transite près d'un cinquième des besoins mondiaux en pétrole et gaz.
Avec ce contexte, la hausse généralisée des prix a également incité à une inflation accrue dans plusieurs régions, particulièrement dans la zone euro où le taux a atteint 2,6 % sur un an, le plus élevé depuis juillet 2024. Cette situation a éveillé des inquiétudes au niveau gouvernemental.
Emmanuel Macron a déclaré, lors d'une visite à Athènes, que la situation actuelle « ne laissait envisager aucune pénurie » de carburant en France. De son côté, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a mis en garde qu'une prolongation du blocage pourrait conduire la France vers une potentielle « ère de pénurie énergétique » si cette situation perdurait encore quelques mois.
Au fur et à mesure que les enjeux globaux se déploient, la vigilance reste de mise, tant pour les automobilistes que pour les économistes observant de près l'évolution des marchés énergétiques.







