En seulement 39 jours de tensions militaires avec l'Iran, les États-Unis ont considérablement consommé leurs stocks de missiles de précision. Les autorités militaires américaines rapportent avoir attaqué plus de 13 000 cibles, un nombre qui a entraîné une réduction significative des munitions disponibles, bien que les ressources ne soient pas totalement épuisées.
Une étude récente du Centre d'études stratégiques et internationales (CESI) a révélé que, malgré l'intensification des frappes, les États-Unis ont encore suffisamment de munitions pour maintenir un conflit à court terme. Cependant, la recherche met en lumière une tendance préoccupante : plus de la moitié des stocks d'au moins quatre types de munitions ont été utilisés, ce qui pose la question de la préparation future, surtout dans l'éventualité d'un conflit avec la Chine.
Une défense aérienne sollicitée
La riposte militaire exige des ressources considérables. Les systèmes de défense comme le Patriot, le THAAD ou les missiles SM-3 et SM-6 sont en première ligne. Selon les calculs, environ 50 % des missiles Patriot auraient été déployés en un temps record de 39 jours. Sur un total d'environ 2 330 systèmes, entre 1 060 et 1 430 ont été utilisés. Les missiles Patriot sont surtout prisés sur le marché international, fournissant à 18 autres nations, dont l'Ukraine, des systèmes critiques de défense.
"Ses missiles sont particulièrement recherchés du fait de leur usage par 18 autres pays, qui dépendent d'eux pour leur sécurité. Environ la moitié de la production annuelle est destinée à l'international," souligne l'étude du CESI.
Les missiles THAAD, eux aussi soumis à une forte demande, n'ont pas échappé à l'essoufflement des stocks. Entre 190 et 290 unités ont été tirées sur les 360 initialement disponibles. Face à cette pression, le Pentagone a récemment annoncé une augmentation massive de sa production, un engagement pris avec les géants de l'industrie Lockheed Martin et BAE Systems pour quadrupler la fabrication de ces missiles.
Des réserves déjà critiques avant le conflit
Les munitions telles que les JASSM, missiles furtifs à longue portée, ont également été employées en grande quantité : plus d'un millier ont été tirés, représentant environ 25 % des stocks américains. Concernant les Tomahawk, plus de 850 ont été utilisés. Un épuisement qui soulève des inquiétudes sur la capacité des États-Unis à soutenir un conflit prolongé.
Le président Donald Trump a récemment affirmé que le cessez-le-feu actuel permettrait à l’armée de reconstituer ses stocks. Cependant, des experts comme ceux du CESI notent que cette réorganisation pourrait prendre entre un et quatre ans, rendant cette affirmation peu réaliste. "Avant même les frappes, nos réserves étaient insuffisantes pour un affrontement avec un adversaire de même niveau," a-t-il été souligné.
Alors qu'une pause semble se dessiner dans les hostilités, les États-Unis doivent également envisager l'avenir. Toute escalade pourrait entraîner une consommation encore plus élevée de munitions, surtout envers un adversaire puissant comme la Chine. Pour compenser, rouvrir des lignes de production est impératif. Actuellement, le rythme de fabrication de Tomahawk tourne à 79 unités par an et seulement 28 pour les missiles THAAD.
Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a souligné la capacité opérationnelle encore intacte de l’armée : "Nous avons les ressources nécessaires pour agir selon les décisions du président." Cependant, avec des accords récents visant à dynamiser l'industrie de la défense, des alternatives à faible coût, comme le drone kamikaze LUCAS, sont également en cours de développement pour faire face aux défis actuels tout en optimisant les ressources militaires américaines.
Les prévisions restent incertaines, mais la menace persistante d'une escalade militaire avec la Chine souligne l'importance d'une stratégie fortifiée et d'une gestion adaptée des ressources militaires.







