Lors du récent forum du bénévolat à Niort, des associations caritatives ont partagé leurs préoccupations face à la montée des prix du carburant, qui affecte directement leurs bénéficiaires et leurs volontaires. Geneviève Vilain-Lepage, présidente de l'association Saint Vincent de Paul à Niort, témoigne : "On voit des gens venir en pleurs nous expliquer qu'ils n'ont plus un euro à mettre dans leur réservoir et qu'ils ne peuvent plus se rendre à leur travail." En réponse, l'association a commencé à prêter de l'argent pour faire un plein, que les bénéficiaires remboursent dès que leurs salaires sont versés. Cependant, la situation financière de l'association demeure précaire, avec un nombre de bénéficiaires passant de 200 à près de 2000 en seulement cinq ans.
Concernant les bénévoles, Villein-Lepage ajoute avec optimisme : "On a de la chance, malgré les difficultés, aucun n'a jeté l'éponge." Néanmoins, certains font le choix de laisser leur voiture pour se rendre à l'association à vélo ou via les transports en commun, ce qui atteste des sacrifices qu'ils sont prêts à faire.
À Aux Restos du Cœur, Jacques Tabary, président des Deux-Sèvres, indique que l'augmentation des coûts influence les livraisons hebdomadaires depuis Nantes et Bordeaux. "Nous essayons de mutualiser au maximum et de répartir les dons localement pour minimiser les distances," explique-t-il. Cette organisation est cruciale pour maintenir l'approvisionnement des 21 centres de l'association dans le département.
Pour les 15 000 bénéficiaires, la situation est tout aussi préoccupante. Tabary précise que beaucoup s'organisent pour faire du covoiturage. En ce qui concerne les bénévoles, la proximité des antennes aide à minimiser les problèmes liés aux déplacements.
De son côté, Alain Puthon, président de la Croix-Rouge, s'inquiète de sa capacité à recruter de nouveaux bénévoles. Il souligne : "Nous avons déjà beaucoup de mal à trouver des aides. Face à des frais de transport croissants, l'accès à une aide devient encore plus difficile, notamment dans des zones où la voiture est fondamentale pour se déplacer." Ces témoignages d'experts mettent en lumière le défi croissant auquel font face les organisations caritatives dans cette période d'incertitude économique.







