Depuis deux semaines, Nakkaba et son fils Dalid, âgé de 13 ans, ont trouvé refuge dans la cave de leur immeuble, suite à un incendie tragique survenu le 20 mars dernier. Ce sinistre, causé par une bougie oubliée, a réduit leur appartement à un espace invivable. Le 15 septembre, le syndic de l'immeuble a exigé qu'ils quittent ces lieux, les laissant totalement démunis.
Avec un bandana dissimulant ses cheveux et des yeux fatigués, Nakkaba décrit leur situation. "Là-bas, c’est le coin devoir, ici le coin toilette, et là le coin cuisine," dit-elle en désignant les différents recoins de la cave. Bien qu'ils tentent de garder un semblant de normalité, l'environnement est loin d'être adapté. La mère de 37 ans et son fils essaient de se reconstruire, malgré les conditions précaires.
l'odeur, ça me dérange
Chaque jour, depuis qu'ils ont dû quitter l'hôtel fourni par leur assurance, Nakkaba et Dalid prennent leur petit-déjeuner au "Café royal", proche de leur ancien domicile. “On vient prendre l’air et voir la lumière, parce qu’au sous-sol, on étouffe,” explique Nakkaba, préoccupée par la santé de son fils, qui refuse même d'aller à l'école. “L’odeur, ça me dérange,” confie Dalid, dont les pensées sont hantées par leurs affaires abandonnées, désormais souillées par la fumée.
Des voisins et des membres du club de football de Dalid se sont mobilisés, offrant des vêtements et même leur aide pour une douche ou une nuit d'hébergement. Nakkaba se rend également au Secours populaire pour trouver des ressources, achetant des objets essentiels avec quelques euros. “C’est pour éviter de salir,” dit-elle au sujet de la chaise de camping qu’elle a installée sur des planches trouvées dans la rue. "Je fais tout ça pour mon fils," se persuade-t-elle en essayant de garder le moral.
le 115, c'est mon seul espoir
Tandis qu'ils espéraient un logement d'urgence, la réalité frappe durement. Après l'expertise de l'appartement, la propriétaire a résilié leur bail, déclenchant un processus bureaucratique sans fin. “Le 115, c’est mon seul espoir,” s'exclame Nakkaba. Elle se bat pour avoir un logement social tout en gérant les complications administratives.
Suppléée par des travailleurs sociaux et des associations qui assistent les plus démunis, Nakkaba fait face à de nombreux défis pour assurer un avenir stable à son fils. Ils sont maintenant forcés d'accepter des conditions de vie insalubres, où chaque moment est chargé d'angoisse et d'incertitude.
se battre pour l'avenir de son fils
Arrivée en France il y a une décennie, Nakkaba refuse d’inquiéter sa mère restée à Marrakech. Son frère lui envoie quelques fonds, tandis qu’elle se raccroche à l’avenir de Dalid, qui rêve d’un jour devenir vétérinaire. “L’assistante sociale a évoqué la possibilité d’un logement ailleurs, mais cela compliquerait ses études. Nous devons rester ici,” insiste Nakkaba.
Alors que Dalid fait des courses pour leur repas du soir, Nakkaba, isolée sur la terrasse ensoleillée du café, ne peut s'empêcher de sentir le poids de l'attente. “C’est long. Je m’ennuie. Je suis impatiente de me réveiller avec la lumière,” conclut-elle, dans l’espoir d’un lendemain meilleur.







