À Laval, dans la région de Mayenne, une gérante de fleuristerie, Kelly Poupard, souhaite ouvrir ses portes le 1er mai, un jour traditionnellement chômé. Selon elle, cette journée représente une occasion commerciale majeure, notamment avec la vente du muguet. Elle s’interroge sur l’opposition à cette ouverture, soulignant que « tous les autres jours fériés, nous travaillons ».
Kelly Poupard, qui possède deux boutiques, exprime sa perplexité quant à ces débats. « Cela fait plus de vingt ans que je suis dans ce secteur, et c'est la première fois que j'entends qu'on parle de ne pas ouvrir », dit-elle. Cette position est partagée par Corinne, l’une de ses employées, qui ajoute qu’« il y a beaucoup de clients ce jour-là », rendant ce travail d'autant plus significatif.
Économie et exigences des salariés
En faisant ses calculs, Poupard estime qu’une journée d’ouverture pourrait rapporter jusqu’à 3 000 euros, excluant la perte potentielle de marchandises. Elle compte donc ouvrir, espérant que la législation lui permettra de le faire sans crainte de contrôles. Un client retraité, quant à lui, exprime que les choses deviennent trop compliquées et prône une simplification à travers une ouverture libre des commerces.
À l'inverse, des avis plus critiques émergent. Christian, ancien jardinier, rappelle que « des personnes se sont battues pour obtenir le 1er mai comme jour férié ». Pour lui, ce jour doit rester protégé. Pierre, un commercial, plaide pour que toute ouverture soit sur la base du volontariat, sans pression sur les employés.
Un débat entre économie et droits des travailleurs
Du côté des syndicats, la position est sans équivoque. Frank Elie, représentant syndical de la CGT en Mayenne, affirme que parler de volontariat est « trompeur ». Il rappelle que beaucoup d’employés, en quête d’un emploi dans la fleuristerie, pourraient se voir contraints d’accepter ces horaires. « Ouvrir le 1er mai crée une pression sur les salariés » dit-il.
Cette proposition de loi, soutenue par des sénateurs centristes, vise à donner un cadre légal aux commerces qui historiquement ouvrent le 1er mai, sans risquer des amendes. La discussion promet de rester ouverte et divisée.







