Le gouvernement a récemment dévoilé un plan ambitieux pour s'attaquer à l'absentéisme au travail, mettant l'accent sur le renforcement des contrôles des arrêts maladie et la promotion d'un dispositif d'alerte permettant aux employeurs de signaler les cas suspects.
Lors d'une conférence de presse, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a annoncé qu'un "kit clé en main" sera disponible dès demain sur le site du ministère, permettant aux chefs d'entreprise d’effectuer un autodiagnostic de leur plan de prévention en matière de santé au travail. Ce kit vise à faciliter la gestion des arrêts maladie et à encourager la prise de conformité.
En outre, un "bouton d'alerte" sera introduit sur le même site, permettant de signaler en un clic à l’Assurance maladie tout arrêt jugé suspect. Après une description brève du cas, l'Assurance maladie interviendra, potentiellement en déclenchant une procédure de contrôle.
Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large pour optimiser les processus de signalement, remplaçant ainsi une approche bureaucratique par une méthode numérique plus efficace.
Sans mesures législatives majeures, le plan prévoit cependant d’augmenter considérablement les contrôles de l’Assurance maladie, qui devraient atteindre 740 000 inspections d'ici 2026, marquant une hausse de 6% par rapport aux chiffres actuels.
Les priorités de l'Assurance maladie incluront les arrêts prolongés de plus de 18 mois et les arrêts liés à des accidents de travail ou à des maladies professionnelles supérieure à trois ans. Elle s'efforcera également de lutter contre le "nomadisme médical", où des individus multiplient les arrêts maladie en consultant divers médecins.
L'administration se concentrera sur les entreprises affichant un taux d'absentéisme particulièrement élevé. En cas de refus d'adopter les mesures d'accompagnement proposées, ces entreprises pourraient faire l'objet d'un signalement au ministère du Travail.
Bien que le plan n'inclue pas de contrôle direct des médecins prescripteurs, la généralisation de SOS IJ sur tout le territoire national vise à soutenir les médecins dans les cas complexes de prescription d’arrêts maladie, souligne le gouvernement.
Les retours des représentants du patronat sont globalement positifs. Diane Milleron-Deperrois, du Medef, se réjouit des initiatives qui semblent prometteuses, mais insiste sur la nécessité d’une mise en œuvre efficace. "Il faut maintenant que le gouvernement s'assure que ces mesures soient réellement opérationnelles", a-t-elle déclaré.
Néanmoins, les syndicats expriment leurs inquiétudes face à une focalisation excessive sur le contrôle des salariés. Dominique Corona, secrétaire général adjoint de l'Unsa, a fait part de ses réserves : "Ces mesures pourraient renforcer la méfiance plutôt que la confiance entre employeurs et salariés."
Parallèlement, le gouvernement projette d'ouvrir des discussions entre partenaires sociaux au sein de la conférence emploi-retraite, explorant des solutions comme le développement de mi-temps thérapeutiques et le télétravail pour faciliter le retour à l'emploi.
Finalement, les dépenses liées aux indemnités journalières de l'Assurance maladie s'élevaient à 17,9 milliards d'euros, une augmentation de 7 milliards en dix ans. Cette tendance est jugée "non soutenable" par l'exécutif, en particulier depuis la crise sanitaire, notant une hausse de 6,5% en moyenne entre 2019 et 2023.







