Moscou et Pékin bloquent le déblocage du détroit d'Ormuz à l'ONU

Tensions à l'ONU : Moscou et Pékin rejettent l'appel pour sécuriser le détroit d'Ormuz.
Moscou et Pékin bloquent le déblocage du détroit d'Ormuz à l'ONU

La Russie et la Chine ont opposé leur veto mardi au Conseil de sécurité de l'ONU, empêchant ainsi l'adoption d'une résolution modifiée qui demandait le déblocage du détroit d'Ormuz. Cette décision a déçu de nombreux pays du Golfe espérant une action énergique pour libérer cette voie maritime cruciale.

Le projet, proposé par Bahreïn et amendé plusieurs fois pour éviter un veto, a reçu 11 voix favorables, tandis que la Russie et la Chine ont voté contre, avec deux abstentions (Pakistan et Colombie). Cette décision intervient peu avant l'échéance fixée par Donald Trump à l'Iran, qui devait permettre aux navires de circuler librement dans cette voie stratégique, sous peine de conséquences dramatiques.

L'ambassadeur iranien à l'ONU, Amir Saeid Iravani, a qualifié les déclarations de Trump de "profondément irresponsables" et a accusé le texte proposé par Bahreïn de "punir la victime" des agressions israélo-américaines. Il a souligné que cette proposition pourrait permettre aux attaquants de bénéficier d'une protection diplomatique.

Réagissant au veto, l'ambassadeur américain Mike Waltz a confirmé que les États-Unis poursuivraient leurs efforts pour défendre leurs alliés et le "monde libre", indépendamment de la décision du Conseil de sécurité.
Le ministre des Affaires étrangères bahreïni, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a déploré que ce vote envoie un message négatif aux nations, indiquant que les menaces pesant sur les voies maritimes n'entraînent pas "de réaction significative" de la part des Nations Unies.

Bahreïn avait, avec le soutien des États-Unis, initié des négociations pour un texte autorisant l'usage de la force pour garantir la sécurité navale dans le détroit. Toutefois, cette proposition a provoqué des objections fermes, notamment de la France, de la Russie et de la Chine.

Un dernier amendement stipulant que les mesures de sécurité devaient être "défensives" avait finalement levé les réticences françaises. L'ambassadeur Jérôme Bonnafont a regretté le rejet, affirmant que le projet visait à éviter l'escalade militaire dans la région.

La version finale de la résolution, vue par l'AFP, précisait qu'aucune force, même défensive, ne serait autorisée à intervenir. Elle envisageait simplement des efforts coordonnés pour sécuriser la navigation et exigeait de l'Iran qu'il mette fin à toute attaque contre les navires.

Vassili Nebenzia, ambassadeur de Russie, a justifié le veto en qualifiant le texte de "déséquilibré et agressif". La Russie, ayant regretté d'avoir laissé à l'Otan un espace d'action en Libye en 2011, reste sous tension face aux événements actuels, tout en continuant à travailler sur une résolution alternative, sans indiquer de date précise.

Le conflit, qui a éclaté le 28 février suite à des frappes israélo-américaines sur des cibles en Iran, a entraîné une quasi-paralysie du détroit d'Ormuz. En temps normal, deux millions de barils de pétrole par jour transitent par cette voie, ce qui accentue l'impact économique mondial, avec une forte hausse des prix de l'énergie.

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