Les banques prennent des mesures drastiques en réduisant le nombre de distributeurs de billets, principalement en raison des coûts élevés liés à leur fonctionnement.
En France, le nombre de distributeurs automatiques a chuté de 20 % en dix ans, soulevant des inquiétudes concernant l'accessibilité et l'inclusion financière.
Des distributeurs devenus non rentables
La France passe de plus de 58 000 à environ 46 000 distributeurs d'argent liquide de 2012 à 2022. Ce phénomène s'explique par les frais de maintenance et de réapprovisionnement des machines. Afin de faire des économies, de grandes banques comme BNP Paribas et la Société Générale ont lancé un projet de mutualisation de leurs DAB. Baptisé "Cash Services", ce projet prévoit la fermeture de 3000 points de retrait d'ici 2026, tout en cherchant à maintenir un accès durable aux services bancaires pour les Français.
En parallèle, la digitalisation des transactions financières favorise la diminution du besoin en espèces. Les paiements électroniques se généralisent grâce à des méthodes de paiement telles que les cartes bancaires et les applications mobiles, entraînant une transformation des habitudes de consommation des Français, notamment avec l'essor du commerce en ligne et l'augmentation du plafond du paiement sans contact à 50 euros.
Défis en matière d'inclusion
La Fédération bancaire française (FBF) assure que l'évolution du réseau des DAB suit celle de notre société. Toutefois, la baisse du nombre de DAB révèle des enjeux d'inclusion financière, touchant particulièrement :
- Les personnes âgées : dépendent souvent du cash pour leurs dépenses quotidiennes et éprouvent des difficultés à utiliser les solutions numériques.
- Les habitants des zones rurales : souvent les premiers touchés par la fermeture des DAB, limitant leur accès aux espèces. Les infrastructures de paiement numérique y sont également moins développées.
- Les personnes à faibles revenus : elles utilisent le cash pour mieux gérer leur budget, et la raréfaction des DAB peut entraîner des coûts additionnels pour retirer des fonds.
Ces défis renforcent les inégalités financières, soulignant l'importance de maintenir l'accès aux espèces dans un contexte de fermeture des DAB.
Le cash toujours prisé dans les commerces
Malgré la disparition progressive des DAB, le cash demeure privilégié pour les paiements en commerce, représentant encore 50 % des transactions en France, selon une enquête de la Banque centrale européenne. Cette tendance, bien qu'en baisse, reste moins marquée que dans d'autres pays européens.
Les Français affectionnent l'argent liquide pour sa capacité à contrôler les dépenses et pour son anonymat. Il représente une méthode de paiement accessible à tous et perçue comme plus sûre contre la fraude. De plus, la tradition culturelle joue un rôle majeur dans cette préférence pour le cash.
Alors que les paiements électroniques continuent de progresser, il est improbable que les espèces disparaisse complètement de notre paysage économique dans un avenir proche, même si la réduction des DAB pourrait entraîner des obstacles pour les populations vulnérables. Les solutions comme les banques mobiles ou l'installation d'automates multifonctions pourraient contribuer à atténuer ce phénomène.







