Disparition.- Le chef poitevin, multi-étoilé, élu cuisinier du siècle en 1990, est décédé ce lundi 6 août, à l'âge de 73 ans. Star de la cuisine, homme d'une grande exigence, père de deux enfants, il était extrêmement discret sur sa vie privée.
Une enfance modeste à Poitiers
Né le 7 avril 1945 à Poitiers, Joël Robuchon grandit dans une ancienne cordonnerie familiale. Son père, maçon éduqué dans des conditions précaires, et sa mère, femme au foyer, l'élèvent dans la simplicité. "Je garde en mémoire les moules farcies par ma mère et le partage du pain quotidien avec mes sœurs et mon frère, un rituel fort", se remémorait-il. Fervent catholique, il fait ses premiers pas dans la cuisine au petit séminaire de Mauléon, où il combine mysticisme et passion culinaire.
Un parcours vers l'excellence
À 15 ans, alors que ses parents divorcent, Joël entre en apprentissage au restaurant Le Relais de Poitiers. Il découvre les rouages de la cuisine sous un joug de labeur intense, qui le conditionne pour l'avenir. Son ascension est marquée par des rencontres avec les sommités de la gastronomie française, où il perfectionne son art. Au Berkeley à Paris, il impressionne des célébrités tout en devenant un chef respecté, décrochant le titre de Meilleur Ouvrier de France en 1976.
En 1981, il ouvre son propre restaurant, le Jasmin, où il reçoit rapidement une étoile Michelin. En seulement trois ans, il accumule les distinctions, révolutionnant la cuisine gastronomique française avec des plats simples et des saveurs authentiques.
La purée, son plat emblématique
Sacré cuisinier du siècle en 1990, Robuchon est reconnu pour sa purée de pommes de terre, un plat qui incarne son approche culinaire : la maîtrise des traditions sans prétention. "La purée de ma mère, un goût d'enfance, a redécouvert sa place dans la gastronomie, passant des tables familiales aux restaurants étoilés", disait-il. Aujourd'hui, il cumule 32 étoiles, un record dans le domaine.
Reconnu pour sa rigueur, Joël a toujours valorisé la transmission des savoirs. En tant que Compagnon du tour de France, il a contribué à former de nombreux chefs prestigieux, rien ne lui tenait plus à cœur que l’enseignement et la préservation de l'art culinaire.
Moins vocal sur sa vie personnelle, il a su garder son intimité à l'écart des projecteurs, tout en accordant une place particulière à sa famille. Sa fille a même partagé l’écran avec lui, offrant un rare aperçu de leur relation. "La cuisine, c'est une merveilleuse façon d'exprimer son affection", confiait-il. Ainsi se dessine l'image d'un homme dévoué à son art, tout en préservant l'ombre de ses racines et de ses proches.







