La fiscalité liée à l'assurance-vie peut sembler moins avantageuse pour les versements effectués après 70 ans. Cependant, elle regorge d'opportunités à exploiter.
Il est vrai qu'il est judicieux de souscrire et d'alimenter des contrats d'assurance-vie avant cet âge : en cas de décès, le capital constitué (primes et intérêts) est transmis sans droits de succession jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire. En revanche, les versements réalisés après 70 ans sont soumis à une fiscalité plus lourde, limitée à 30 500 € d'exonération pour tous les bénéficiaires. Cela dit, investir dans une assurance-vie dans cette tranche d'âge présente des avantages : seuls les versements sont soumis aux droits de succession après l'abattement, tandis que les intérêts sont généralement exonérés. Il est à noter que, si le capital décès est inférieur aux versements effectués, les intérêts peuvent être soumis à taxation.
Souscrire deux contrats : une stratégie gagnante
Pour tirer le meilleur parti des contrats d'assurance-vie souscrits après 70 ans, Florence Brau Billod, conseillère en gestion de patrimoine à Marseille, recommande d'envisager d'ouvrir deux contrats : "un contrat sur lequel vous pouvez réaliser des retraits en cas de besoin, et un deuxième destiné à croître sur le long terme. Ce dernier devrait être investi dans des supports plus dynamiques pour maximiser les intérêts, exonérés lors de la transmission. En revanche, le premier sera soumis aux impôts uniquement sur le capital restant à votre décès." Prenons un exemple :
- À la souscription :
- Contrat A : 160 000 €
- Contrat B : 100 000 €
- Total versé : 260 000 €
- Au décès :
- Contrat A : 200 000 €
- Contrat B : 120 000 €
- Total capital décès : 320 000 €
Les bénéficiaires seront imposés sur 229 500 € (260 000 € - 30 500 € d'abattement), tout en percevant 320 000 €, ce qui équivaut à une économie d'impôts sur 90 500 €.
En cas de retrait de 60 000 € effectué sur le contrat B :
- Contrat A : 200 000 € (le capital décès est supérieur aux versements, les intérêts sont exonérés)
- Contrat B : 60 000 € (le capital décès est inférieur aux versements)
Les bénéficiaires seront désormais imposés sur 220 000 € (160 000 € des versements sur le contrat A + 60 000 € restants sur le contrat B) après abattement. Ils percevront ainsi 260 000 €, réalisant une économie de droits de 70 500 €.
Si les deux contrats n'avaient pas été souscrits, le capital décès de 260 000 € aurait entraîné une imposition sur l'ensemble de ce montant, avec seulement 30 500 € d'économie d'impôts sur les droits de succession.
En somme, cette stratégie permet d’éviter une imposition excessive, équivalente à une exonération supplémentaire de 40 000 €, dont 8 000 € si les bénéficiaires sont des enfants.
Qui dit mieux ?







