La dissonance règne dans la succession de Johnny Hallyday. Deux mois après sa mort, ses enfants, Laura Smet et David Hallyday, contestent un testament qui les exclut au profit de leur belle-mère, Laeticia. Revenons sur les implications légales.
Que dit la loi française ?
En France, le code civil met en avant le principe de réserve héréditaire, interdisant de déshériter ses enfants. Selon ce dispositif, chaque enfant a droit à une part de la succession, déterminée par le nombre d'enfants du défunt : 50% pour un enfant, 66% pour deux, et 75% pour trois ou plus. Le quart restant est la quotité disponible, que le défunt peut attribuer librement. En outre, l'égalité entre enfants est renforcée : qu'ils soient issus d'un mariage ou d'une union libre, tous ont les mêmes droits.
Exceptions dans la loi californienne
Le climat juridique devient plus libéral en Californie, où un parent peut tout léguer à sa dernière épouse, excluant ainsi ses enfants. C'est précisément le cadre légal qui régit le testament de Johnny Hallyday, rédigé en Californie, permettant à sa femme de bénéficier de la totalité de son héritage.
Succession internationale : quelle loi s'applique ?
La situation se complique davantage lorsqu'il s'agit de successions internationales. Un règlement européen de 2015 stipule qu'un notaire français doit respecter la loi du pays de résidence habituelle du défunt. Dans le cas de Hallyday, sa résidence en Californie complice le testament avec la loi locale. En 2017, la Cour de cassation a acté un précédent similaire concernant le compositeur Maurice Jarre, déshéritant ses enfants sans que cela ne soulève de contestations sur le fondement de leur précarité économique. Cependant, l’avocat de Laura Smet avance que les liens de Johnny avec la France restent significatifs, arguant qu'il a choisi de mourir en France, ce qui pourrait influencer le cours des choses. Cette affaire s’annonce comme un cas emblématique, révélant les complexités des successions à l’échelle internationale.







