Des chercheurs américains se penchent sur notre fascination pour les aliments riches en graisses saturées et les difficultés à contrôler notre consommation.
Lors d'un repas au restaurant, il est courant de céder à un cheeseburger plutôt qu'à un plat plus sain. Ce phénomène n'est pas isolé : des études montrent que les fringales pour les aliments gras sont bien plus fréquentes que pour les légumes. Pourquoi cette attirance ? Des chercheurs américains ont introduit le concept de "l'obésité hédoniste" dans leurs travaux publiés sur le site de la revue Heliyon le 21 septembre.
L'attrait irrésistible du gras
Une récente expérience a mis en lumière un aspect clé des mécanismes cérébraux. Des chercheurs ont étudié des rats de laboratoire pour comprendre le rôle de l'insuline, l'hormone régulant le glucose et les acides gras. En perturbant l'action de cette hormone, ils ont observé un comportement de suralimentation des rats, préférant les aliments gras. Ce cercle vicieux, qui affecte aussi les humains, montre comment notre corps est conditionné à rechercher ces calories.
Nina Cohen-Koubi, médecin nutritionniste, souligne que les produits gras sont agréables en bouche, mais ne rassasient pas efficacement. En effet, leur contenu en protéines est faible, ce qui nous pousse à en consommer davantage. De plus, le sucre contenu dans les sauces et desserts amplify notre appétit. Cependant, il est essentiel de distinguer les acides gras essentiels, comme les oméga 3 et 6, qui sont bénéfiques pour notre santé et jouent un rôle crucial dans notre fonctionnement corporel.
Des plaisirs éphémères aux conséquences durables
Le phénomène du grignotage de sucreries peut être attribué à la notion de "comfort food". Cette alimentation, souvent riche en triglycérides, active des circuits de récompense dans notre cerveau comme une drogue, entraînant une accoutumance. Des études européennes ont montré que cette addiction à la malbouffe affecte directement notre bien-être, créant un cycle de consommation et de fatigue. Ainsi, alors que l'on croit s'apporter du bonheur à travers ces aliments, le corps réagit autrement, entraînant un gain de poids et une hausse de la sensation de faim.
En France, l'obésité est devenue un enjeu majeur de santé publique, touchant un Français sur dix, alors qu'il y a vingt ans, c'était un sur vingt.
(1) Chiffres OCDE, juillet 2014.







