Alors que l'âge de départ à la retraite est repoussé, le malus instauré par l'Agirc-Arrco perd de sa pertinence.
Depuis 2019, les retraités qui choisissent de partir dès qu'ils atteignent le quota de trimestres pour une retraite à taux plein (168 trimestres pour les générations 1961, 1962 et 1963) subissent une minoration temporaire de 10 % sur leur retraite complémentaire durant trois ans. Pour lever cette pénalité, il faut travailler une année supplémentaire après l'âge légal.
En revanche, un bonus s'applique si l'on choisit de travailler plus longtemps : 10 % supplémentaires pendant un an après deux ans de travail au-delà du seuil, 20 % après trois ans, et jusqu'à 30 % après cet intervalle. Ce système vise à inciter les Français à prolonger leur vie professionnelle. Cette mesure, couplée à d'autres ajustements tels que le gel du point de retraite et la hausse des cotisations, a permis aux régimes de retraites complémentaires d'atteindre des excédents financiers.
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Avec le relèvement de l'âge légal à 64 ans, de nombreux citoyens considèrent qu'il serait injuste de continuer à appliquer ce malus. Bien que le gouvernement soit souvent cité, il est essentiel de noter que le système est géré par les partenaires sociaux, qui sont les véritables décideurs de cette mesure. Voici trois raisons de reconsidérer la pertinence du système de bonus-malus.
Un bonus-malus impopulaire
Selon le rapport 2022 de la DRESS, en 2020, seulement 9 % des nouveaux retraités ont choisi de reporter leur départ d'un an pour éviter le malus. En revanche, 55 % des retraités ont pris leur retraite à taux plein en acceptant cette pénalité de 10 %. Pascale Gauthier, directrice chez Novelvy Retraite, indique que les orientations de vie des individus influencent fortement leur décision de prendre leur retraite comme prévu. Bien souvent, certains préfèrent subir une légère décote à vie plutôt qu'une minoration de 10 % pendant trois ans. Le cumul emploi-retraite n'incite également pas à différer le départ à la retraite.
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Un autre facteur essentiel est le manque d'information sur ce système. L'annonce de la minoration est fournie lors de la notification du montant de la retraite complémentaire, mais son impact rempli souvent de confusion les retraités, qui ne réalisent pas les conséquences financières.
Un régime en bonne santé financière
À la fin de 2021, le régime de retraite complémentaire, géré par des partenaires sociaux, affichait un excédent de 2 milliards d'euros. Les prévisions pour 2022 tablent sur plus de 5 milliards d'excédent, attribués à la reprise économique post-COVID.
Impact du relèvement de l'âge légal
Avec la réforme envisagée, qui replace l'âge de départ à 64 ans, le besoin du système de bonus-malus se réduit considérablement, car les travailleurs devront de toute manière prolonger leur activité. Les partenaires sociaux prévoient d'examiner cette mesure en 2023 pour décider de son avenir. Selon des sources, le malus pourrait être aboli pour la génération 1964, qui devra partir à 63 ans. Un système de pénalité dégressif pourrait également être envisagé, mais sa mise en œuvre serait complexe pour les caisses de retraite. Les incertitudes restent quant aux personnes déjà soumises à cette pénalité.







