Alors que les premiers chiffres signalent une surmortalité inquiétante, les responsables affirment que la tragédie de 2003 ne se reproduira pas. Malgré cela, divers indicateurs et certains experts appellent à la vigilance.
La cellule interministérielle de crise dédiée à la canicule se réunit ce lundi 29 juin après plusieurs jours de forte chaleur. Le gouvernement s’efforce de faire le point sur les actions mises en place et d’évaluer les pertes humaines. Selon les estimations de Santé publique France, environ 1 000 décès supplémentaires ont été enregistrés depuis le 24 juin, par rapport aux chiffres habituels de saison.
Plus précisément, l’agence annonce que, alors que la moyenne habituelle se situe autour de 900 à 1 000 décès par jour, le 24 juin a vu plus de 1 200 décès registrés, suivis de 1 400 les 25 et 26 juin. Il est crucial de noter qu’environ 85 % de ces décès concernent les personnes âgées de plus de 65 ans. Les conséquences d’une telle vague de chaleur continuent souvent d’affecter la mortalité plusieurs jours après qu’elle se soit atténuée.
La crainte d’une hécatombe comparable à 2003
La gravité de la situation a conduit à des comparaisons avec la canicule de 2003, dont le bilan avait culminé à 15 000 victimes. La question se pose : la canicule de 2026 pourrait-elle atteindre ou dépasser ce nombre tragique ? Les températures actuelles dépassent déjà celles de 2003, et la pression sur le système hospitalier était tangiblement élevée durant le week-end des 27 et 28 juin.
Stéphanie Rist, la ministre de la Santé, a assuré sur BFM TV que, malgré les similitudes météorologiques, la situation sanitaire n’était pas identique. Elle a fait remarquer que les avancées médicales et l'organisation des EHPAD atténueraient probablement la surmortalité par rapport à 2003.
"Lundi, on va ouvrir les portes et on va voir..."
Malgré des chiffres qui pour l’instant ne semblent pas atteindre ceux de 2003, plusieurs indicateurs suggèrent une situation préoccupante. Ce dimanche, SOS Médecins a rapporté plus de trois fois le nombre habituel de décès constatés lors des visites à domicile. Santé publique France a également précisé que les données actuellement disponibles sont "partielles" et pourraient sous-estimer le nombre total de décès liés à la canicule. Leur méthode de recensement, qui repose sur "la remontée des certificats électroniques de décès", ne capte environ que 60 % de la mortalité nationale.
Des professionnels de la santé, tels que le député LR et médecin Philippe Juvin, évoquent une réalité bien plus alarmante que celle décrite par les autorités. Sur France Info, il a indiqué : "Lundi, quand les aides à domicile et les familles vont retourner chez eux, nous pourrions découvrir des personnes dans un état très préoccupant, certaines n'ayant pas bu depuis des jours, et d'autres pourraient même être décédées." Juvin a souligné que le bilan était encore loin d’être final, et pourrait être très lourd, d’autant plus que les températures pourraient atteindre à nouveau les 35 degrés dans plusieurs régions après la première semaine de juillet.







