Une centaine de soignants de l'hôpital du Bailleul ont manifesté leur mécontentement ce mardi, en réponse à un appel de la CGT, de la CFDT et de Sud Santé, pour faire entendre leurs doléances concernant le manque de personnel et des conditions de travail précaires. La direction de l'établissement souligne une crise de recrutement dans le secteur de la santé.
Le rassemblement, qui a eu lieu mardi 16 juin de midi à 15h, a mis en lumière les difficultés rencontrées par le pôle santé Sud Sarthe et Loir (PSSL). Les soignants dénoncent des fermetures de lits et un effectif déplorable au sein de leurs services. Sur les 1 100 employés de l'hôpital, environ 80 étaient en grève selon la direction. "On court de patient en patient", s'insurge Fanza, aide-soignante, qui explique la pression constante des alarmes pour des demandes de soins.
Une quinzaine de postes touchée par de l'absentéisme
"Les patients nous appellent, et je reçois des sollicitations en même temps. C'est devenu ingérable", raconte Fanza, évoquant des journées pouvant aller jusqu'à 21 heures. Parfois, elle reçoit même des appels pendant ses jours de repos pour des remplacements de dernière minute à cause d'absences imprévues. "Ces rappels à domicile sont même illégaux", déplore Murielle Lafa, secrétaire de la section Sud Santé Sociaux du PSSL. "Le droit à la déconnexion, ici, n'existe pas ! Un agent trop sollicité finira par craquer."
Les témoignages de surmenage se multiplient, illustrant le stress croissant des soignants chargés d'assurer la continuité des soins malgré un manque d'effectifs criant. La direction, interrogée par ICI Maine, précise qu'actuellement une quinzaine de postes sont vacants en raison d'un absentéisme croissant. "C'est vrai que cela pèse énormément sur ceux qui restent", reconnaît Aldric Evain, directeur délégué du pôle santé. "Nous avons une problématique de recrutement qui est structurelle, touchant tous les établissements en France; les candidatures se font rares, et nous comptons principalement sur les sorties d'écoles d'infirmiers qui se déroulent durant l'été. En attendant, nous devons souvent fermer des lits."
En ce moment, 18 lits sur un total de 131 sont fermés. Les syndicats rappellent qu'en 2007, lors de l'ouverture de l'hôpital, près de 40% des lits étaient opérationnels. La situation financière de l'établissement se dégrade vite, affichant un déficit de 15%, conséquence d'une activité réduite de moitié entre 2019 et 2024. "Le financement des établissements de santé repose sur l'activité, ce qui accentue la disparité entre les dépenses et les revenus", explique Aldric Evain, tout en ajoutant que "2025 devrait être marquée par une reprise significative de l'activité, avec une augmentation de 25%."
La direction justifie les rappels à domicile comme une nécessité pour assurer la continuité des services. Les syndicats, quant à eux, craignent une augmentation des arrêts maladie, ce qui pénalisera davantage les patients du Sud Sarthe en matière d'accès aux soins. La fermeture de la maternité cette année en est un triste exemple.







