Ce mardi 9 juin 2026, Oleksandra, 17 ans, nous reçoit dans sa chambre d’hôpital à Angers. Cette jeune fille ukrainienne est l'une des rares victimes encore hospitalisées après l'accident de car survenu le 13 juin 2025 sur l'A81, près du Mans, qui a causé la mort de quatre personnes et blessé gravement neuf autres. « Je vais mieux aujourd'hui », affirme-t-elle avec un sourire, bien que le traumatisme soit encore présent.
Un chemin de réhabilitation difficile
« J'ai subi cinq opérations, j'ai du mal à marcher et je me déplace en fauteuil roulant », partage-t-elle. « Je pense constamment à cet accident. C'est toujours dans ma tête. J'essaie d'en parler à ma mère et à mes amis pour avancer », confie Oleksandra, visiblement affectée par cette tragédie.
Sa mère, Inna, l'accompagne depuis un an, dormant à ses côtés dans l’hôpital. Elle raconte : « Notre vie a complètement changé. Nous sommes dans un pays étranger sans maîtriser la langue, cela a été très difficile. » La situation administrative reste complexe, car Oleksandra nécessite encore plusieurs années de rééducation et le couple ne sait pas comment obtenir un logement.
Une solidarité sans précédent
Oleksandra et Inna tiennent à exprimer leur gratitude envers le personnel médical ainsi que les Ukrainiens qui leur ont apporté soutien et réconfort durant cette période douloureuse. Kateryna Lebreton, responsable d'une association d'entraide pour les réfugiés, souligne l'importance de l’unité en temps de crise : « Ce moment difficile a révélé une incroyable solidarité au sein de notre communauté. »
Dès le lendemain de l'accident, divers dons ont permis aux adolescentes de recevoir vêtements et téléphones. Nina, trésorière de l'association UkraineAuMans, témoigne : « J'ai aidé avec les traductions aux urgences. C’était un moment marquant, surtout pour ces enfants. »
Une enquête toujours en cours
Un an après les faits tragiques, l'enquête se poursuit. Quatre victimes ont perdu la vie : un guide français et trois professeurs ukrainiens. L’accident, qualifié d’« inexplicable » par les autorités, a déclenché une procédure judiciaire, et un des chauffeurs impliqués a été mis en examen pour « homicides involontaires ».
Alors qu'Oleksandra continue son parcours de réhabilitation, elle nourrit l'espoir de retrouver une vie normale, malgré les cicatrices indélébiles laissées par cet accident tragique.







