Aucun des 36 jeunes conviés à la cérémonie de citoyenneté à Fresnay-sur-Sarthe, qui s'est déroulée le 30 mai dernier, n'a daigné se présenter. Ce vide témoigne d'une déconnexion frappante entre la jeunesse et les instances civiques, interpellent la maire Fabienne Labrette-Ménager sur cette réalité préoccupante.
"Au bout de vingt minutes, nous avons compris que personne ne viendrait". La maire déplore cette situation alors que tout était préparé pour accueillir les jeunes nouveaux électeurs de la commune. Sur les 36 invités, seuls quatre ont prévenu leur absence, comme l'indique Midi Libre.
Un manque de culture civique
Cette absence, bien plus qu'une simple déception, relève d'une problématique plus large. Pour Fabienne Labrette-Ménager, c'est surtout un "manque de culture civique" qui se fait ressentir. Elle rappelle qu'avec l'inscription automatique sur les listes électorales instaurée par la loi du 10 novembre 1997, beaucoup de jeunes perdent le besoin de s'engager activement dans la commune. "Avant, ce geste était annonciateur d'une volonté de s'exprimer et donc de participer à la vie citoyenne. Il faudrait retrouver ce processus", affirme-t-elle.
Fabienne Labrette-Ménager examine également l'écart grandissant entre la municipalité et les jeunes. Jusqu’à leur passage au lycée, les jeunes sont intégrés à la vie locale grâce à des structures comme le centre social ou via des activités culturelles et sportives. Néanmoins, l'absence d'un lycée sur place pourrait les éloigner progressivement, avertit-elle : "Nous pouvons perdre le contact".
L’aide au permis bientôt conditionnée ?
Face à cette situation, la maire envisage de soumettre l’aide municipale de 200 euros pour le permis de conduire à une participation active des jeunes à certaines cérémonies. "C’est en réflexion", confie-t-elle à Midi Libre, tout en rappelant l’existence d’aides déjà en vigueur signalant l’importance de l’engagement civique.
Pour elle, l’inscription sur les listes électorales devrait redevenir "volontaire et non systématique". Au lieu d’envoyer automatiquement les cartes d’électeur, il serait préférable de les remettre lors d’une cérémonie annuelle. De plus, un temps d’instruction civique pourrait être instauré chaque année, en collaboration avec des enseignants d’histoire et des élus ou agents de l’État, afin de sensibiliser les jeunes aux enjeux démocratiques.







