Le barrage d'Avezé, situé sur la rivière Huisne en Sarthe, a été jugé dangereux par le syndicat de bassin propriétaire et envisage sa destruction. Cette prise de conscience fait écho à la tragédie survenue en 2024, lorsqu'un père et sa fille ont perdu la vie dans un accident de canoë.
Appelée unité médico-judiciaire (UMJ) ou service d'accueil des victimes, cette structure cruciale, localisée à l’hôpital du Mans, a récemment reçu la visite d’Elise Leboucher, députée de la 4e circonscription de la Sarthe. Elle co-dirige une mission d'information parlementaire sur le coût des violences sexuelles et sexistes, soulevant ainsi le sujet de l'importance et des moyens de ce service.
L’UMJ est un pilier pour les victimes de la région, effectuant plus de 1 400 actes chaque année, un chiffre en hausse de 20 % sur les trois dernières années. Les violences conjugales et intrafamiliales représentent près de 40 % de cette charge de travail.
Entre Justice et santé
En réalisant des examens médicaux et en fournissant des constats qui attestent de la véracité des violences subies, les médecins de l’UMJ apportent des éléments cruciaux pour les procédures judiciaires. Le ministère de la Justice est le principal financeur, fournissant un taux correspondant à mille actes par an."Cette enveloppe n'est pas suffisante", regrette le docteur Stéphane Jammart, membre de l’équipe médicale. "Des fonds supplémentaires sont fournis par l’hôpital pour assurer une continuité des services".
Accessibilité limitée en dehors des heures de bureau
Les contraintes budgétaires et de personnel impactent directement l'accueil des victimes, puisque l'unité médico-judiciaire n'opère qu'en journée et en semaine. En dehors de ces horaires, les victimes doivent se tourner vers les urgences classiques.
"Les victimes d'agression sexuelle se rendent aux urgences gynécologiques de l'hôpital du Mans en soirée et le week-end", spécifie le docteur Jammart, ajoutant que leur prise en charge dépend de la charge de travail des autres services d'urgence.
Un enjeu financier et social
Pour Elise Leboucher, la situation actuelle à Mans illustre un problème de financement de plus grande ampleur à l’échelle nationale. "Le budget est une question clé aujourd'hui, les associations réclament plus de 2,6 milliards d'euros", souligne-t-elle. "Malgré la libération de la parole, l'écoute et la prise en compte des victimes restent insuffisantes". Cela concerne également la formation et le recrutement de professionnels pour répondre à un besoin urgent, notamment pour le soutien des victimes et la réhabilitation des agresseurs, afin de réduire la récidive. Les résultats de cette mission d'information parlementaire seront dévoilés à la rentrée et pourraient orienter les décisions futures concernant le budget et les ressources affectées à ce secteur.







