Le département de la Sarthe se prépare à introduire un nouveau mécanisme de soutien scolaire, avec neuf pôles d'appui à la scolarité (P.A.S.) devant entrer en vigueur à la rentrée de septembre 2026. Cependant, cette initiative, qui vise à aider les élèves en difficulté, a été vivement contestée par des syndicats d'enseignants tels que la FSU-SNUIPP 72, qui en remettent en question l'efficacité.
Le P.A.S. a été conçu comme un guichet unique, associant un enseignant détaché et un éducateur spécialisé pour coordonner l'aide destinée aux élèves en situation de handicap ou rencontrant des difficultés scolaires. L'idée est d'apporter des solutions rapides aux familles concernées. Pourtant, la FSU-SNUIPP, lors d'une conférence de presse récente au Mans, a exprimé des réserves quant à cette disposition.
Un dispositif jugé inefficace par le syndicat enseignant
D'après Rose Francheteau, co-secrétaire de la FSU-SNUIPP 72, le P.A.S. pourrait s'avérer moins efficace que les dispositifs déjà existants, tels que le réseau d'aide spécialisé aux élèves en difficulté (RASED). "Le P.A.S. ne fera que centraliser les demandes sans garantir une aide personnalisée", a-t-elle déclaré, citant des préoccupations sur la lourdeur administrative liée à l'envoi de dossiers à des intervenants éloignés.
Des besoins non couverts dans les classes
Mathilde Jack, une autre co-secrétaire, a souligné une autre problématique : "La création de ces pôles signifie moins d'enseignants devant les élèves. Dans certaines classes, la surpopulation est alarmante, avec des effectifs dépassant trente élèves en situation de grande hétérogénéité". Les enseignants souhaitent davantage de soutien direct dans les salles de classe plutôt que d'accentuer la bureaucratie.
Le phénomène de fermeture de classes, avec une prévision de 37 fermetures, ne fait qu'accentuer les craintes déjà présentes dans la communauté éducative. Ce déclin démographique s'accompagne, selon la direction académique, d'une diminution des effectifs scolaires, mais les enseignants estiment que le besoin d'adultes formés dans les écoles est primordial.
La généralisation des P.A.S. retoquée par les députés
Les dirigeants syndicaux dénoncent une gestion des ressources en éducation qu'ils jugent alarmante. "Les P.A.S. ne sont qu'un pansement sur une plaie béante de manque de moyens", a déclaré Leiza Touahria, soulignant que 10% des enfants en situation de handicap ne bénéficient pas d'un accompagnement adéquat à cause de l'insuffisance de personnel. De plus, la généralisation de ce dispositif en Sarthe surprend d'autant plus que les députés avaient voté contre cette mesure au printemps dernier lors de la discussion sur la loi sur l’école inclusive.
Face à ce climat de mécontentement, les enseignants et le syndicat s'interrogent : comment garantir un soutien de qualité aux élèves tout en allégeant le poids administratif ? Seule une concertation approfondie pourra apporter des réponses adaptées aux défis qui se présentent à l'éducation en Sarthe.







