À partir du 26 mai et pour une durée de trois semaines, le parlement de Bretagne se transforme en véritable forteresse pour accueillir le procès de Mahammad Mirzali, un journaliste et militant politique azéri. Accusé de tentative d'assassinat, neuf hommes seront jugés, alors que Mirzali, qui vit sous une protection policière renforcée, a déjà échappé à plusieurs tentatives d'assassinat.
Les abords du parlement seront exclusivement réservés aux piétons, avec une sécurisation maximale du bâtiment emblématique de Rennes. Tous les entrants seront soumis à des contrôles rigoureux, incluant un passage dans un tunnel à rayon X. Le besoin de sécurité est pressant, étant donné les menaces constantes pesant sur Mirzali depuis son arrivée en France.
Victime de persécutions depuis qu'il a dénoncé la corruption du régime de Bakou, Mahammad Mirzali témoigne de sa vie sous haute surveillance. "Je vis comme un prisonnier", confie-t-il au Ouest-France, ajoutant que même ses amis craignent pour leur sécurité en le contactant. Sa réalité est celle de nombreux réfugiés politiques, dont l’existence dépend de la vigilance des autorités.
Le 14 mars 2021, alors qu'il se trouvait à Nantes, Mirzali a été attaqué par des hommes armés de couteaux. Ces assaillants ont tenté de le résoudre par la force, mais il a survécu, illustrant l’acharnement dont il est victime. En 2020, il a également été blessé par balles. Les autorités judiciaires estiment qu’une nouvelle attaque a été déjouée l'année suivante, impliquant un des accusés dans ce procès.
Le combat pour la liberté d’expression
Les hommes jugés encourent des peines sévères, notamment la réclusion criminelle à perpétuité pour les tentatives de meurtre. Cependant, des restrictions telles que l'interdiction des caméras lors du procès suscitent des critiques, Mirzali souhaitant utiliser cette plateforme pour faire avancer le débat sur la liberté d’expression.
Le contexte en Azerbaïdjan et les associations politiques européennes soulignent l’importance de ce procès. Les menaces pesant sur la vie de Mirzali ne sont pas seulement celles d’individus isolés, mais sont souvent orchestrées par des réseaux bien plus vastes, incluant potentiellement des actions coordonnées par des factions criminelles d’Europe de l’Est et des intérêts politiques en Azerbaïdjan.
La protection de la liberté d’expression et la sécurité de ceux qui la défendent devraient être une priorité pour toutes les democraties, comme le souligne la voix de Mirzali, qui espère que son procès soit un exemple pour d'autres.







