Derrière ses panoramas enchanteurs, le Marais poitevin, qui s'étend des Deux-Sèvres à la Vendée en passant par la Charente-Maritime, subit les conséquences de la pollution. De récentes analyses révèlent des concentrations alarmantes de certains micropolluants, particulièrement dans les zones agricoles.
Deuxième plus grande zone humide de France, après la Camargue, le Marais poitevin n'échappe pas à cette problématique malgré ses paysages idylliques. Entre 2023 et 2025, près de 68 377 échantillons d'eau ont été collectés à partir de 17 stations situées dans les Deux-Sèvres, en Charente-Maritime et en Vendée. D'après les résultats, sur 278 molécules analysées, 74 ont été retrouvées au moins une fois dans les conches, canaux et fossés.
Parmi les substances détectées, le métolachlore (un pesticide) a été repéré dans 100 % des stations, tandis que le phénanthrène (un hydrocarbure aromatique polycyclique) a été identifié à 88 %. Quant au glyphosate, il a été retrouvé dans 71 % des échantillons, et le phosphate de tributyle, souvent employé comme retardateur de flamme, a été quantifié dans 59 % des cas. Les 20 PFAS, surnommés « polluants éternels », ont également été détectés dans près de 25 % des stations.
L'impact de l'activité humaine
Ces révélations sont issues d'un rapport de l'Établissement public du Marais poitevin (EPMP), qui supervise la gestion des ressources en eau et de la biodiversité depuis 2015. Bien que ce document mette en lumière les taux de concentration de ces molécules, il ne fournit pas d'informations sur leur impact sanitaire. Il offre cependant un aperçu saisissant de l'empreinte des activités humaines sur cet environnement si précieux, les zones les plus affectées correspondant à des régions à forte activité agricole.
« Le Marais poitevin n’est pas un sanctuaire, il y a des habitants, une économie. Cependant, face aux concentrations modestes, il continue de jouer un rôle épuratoire », explique François Geay, directeur de l’EPMP. Il souligne la nécessité de préserver et de développer les prairies et l'élevage, éléments clés pour maintenir l'équilibre de ce précieux écosystème.







