La cour administrative d’appel de Marseille a confirmé la décision du tribunal administratif de Nice : la ville ne couvrira pas les frais de justice de Christian Estrosi liés à ses deux plaintes en diffamation. En tant qu'ancien maire de Nice, Etrosi avait jusqu'alors pu bénéficier de la protection fonctionnelle, un dispositif qui permet aux élus de se voir rembourser leurs frais juridiques en cas d'attaques liées à leur fonction.
Cette décision, rendue le 3 février 2026, a mis un terme à une controverse qui a enflammé le conseil municipal. Le rapport de la cour a souligné que les déclarations qui avaient incité Estrosi à se défendre judiciairement ne concernaient pas directement la performance de ses fonctions d'élu. Par conséquent, la demande de prise en charge des frais d’avocat et des coûts liés à cette procédure a été écartée.
Estrosi avait pour rappel engagé des poursuites contre le militant de gauche David Nakache, qui avait appelé à voter pour Mireille Damiano, ainsi que contre le journaliste David Thomson à propos du livre Les revenants, qui contenait des accusations à l'encontre du maire.
Des conseillers municipaux, dont Jean-Christophe Picard et Philippe Vardon, avaient contesté la décision initiale de la ville de prendre en charge ces frais. Ils avaient saisi le préfet des Alpes-Maritimes et introduit un recours devant le tribunal administratif, qui avait ensuite annulé les délibérations antérieures concernant cette protection fonctionnelle. "Il n’existe pas de fondement à cette prise en charge", a déclaré la cour dans son arrêt, confirmant ainsi les doutes sur le bien-fondé des frais exigés par Estrosi.
La nouvelle direction municipale, maintenant sous la houlette d’Éric Ciotti, a clairement indiqué qu’elle n’admettra pas cette décision. En tant que fervent défenseur de la transparence, Ciotti a pris l’engagement de ne jamais recourir à la protection fonctionnelle pour des cas de diffamation visant des adversaires politiques, une position qu’il a souvent mise en avant durant sa campagne.
"Chacun devra assumer ses contentieux sur ses propres deniers. Ce n'est pas au contribuable d’épauler ces conflits," a affirmé Ciotti, insistant sur le fait qu’un tel recours pourrait être considéré comme un abus. Ce rejet de la protection fonctionnelle constitue ainsi un tournant significatif dans la gestion de la municipalité niçoise, illustrant une volonté de changement palpable face aux abus perçus dans le passé.







