Bassi Konaté a exprimé sa gratitude envers Sarcelles pour l'avoir élu "premier maire de couleur". À seulement 38 ans, il se prépare à diriger l'une des communes les plus diverses de la banlieue parisienne, mettant en avant l'importance de la mixité.
Dès l'âge de 17 ans, il a été actif au sein du conseil municipal des jeunes dans cette ville du Val-d'Oise, qui compte plus de 58 000 habitants. Aujourd'hui, il a réussi à prendre la mairie des mains des socialistes.
Élu sans étiquette, mais soutenu par La France insoumise et les Écologistes, Bassi Konaté est conscient des attentes qui pèsent sur lui en tant que nouvel élu issu de l'immigration. Le 22 mars, acclamé par son prénom lors de son élection, il a rappelé que Sarcelles avait précédemment choisi un "maire français, de confession juive", en référence à Patrick Haddad (PS), et qu'aujourd'hui, c'est son tour.
Dans une interview accordée à l'AFP, il a souligné que, malgré les tensions sociales qui existent aujourd'hui, Sarcelles a prouvé que les habitants choisissent leurs représentants indépendamment de leur couleur ou de leur religion, affirmant : "on est Français avant tout". Cet Sarcellois d'origine malienne a aussi avoué ne pas beaucoup connaître le pays d'origine de ses parents, mais se veut un maire pour tous.
Pour certains résidents, Bassi Konaté est un élu qui crée le lien. Des retraitées sortant d'un atelier de couture le décrivent comme "respectueux" et "rassembleur". Les jeunes électeurs affirment même qu’ils n’auraient pas voté sans sa candidature. Son "Sarcelles tour", diffusé sur les réseaux sociaux, a particulièrement touché les électeurs de sa génération.
Charles-André Tré, 18 ans et originaire de Sarcelles, a confié : "On aurait dit qu'il était dans nos têtes, dans nos vies. Ça a été un jeune comme moi !". Il est séduit par les promesses de Bassi, notamment concernant les opportunités d’emploi aux abords de Roissy.
Monica Vannier, une autre jeune électrice, a exprimé le besoin de voir des élus qui ressemblent à la population de Sarcelles : "La jeunesse ici est principalement composée de Noirs et d'Arabes, et on veut des élus qui comprennent notre vécu".
Bassi Konaté partage également des souvenirs de son enfance dans un HLM, évoquant sa famille nombreuse et la diversité de ses voisins. Licencié en intervention sociale, il a exercé divers métiers avant de devenir maire.
Le président de la communauté juive de Sarcelles, Moïse Kahloun, a exprimé sa confiance en Bassi, décrivant le nouvel élu comme "à l'écoute et intelligent". Toutefois, il espère qu'il clarifie certaines ambiguïtés sur ses soutiens politiques, en référence à Jean-Luc Mélenchon, dont il se dissocie.
Dans le quartier de la Petite Jérusalem, où sa mère a longtemps aidé une famille juive, Bassi insiste sur l'importance de respecter toutes les cultures tout en affirmant que les valeurs républicaines restent primordiales.







