Après quatre jours de négociations intensives à Paris, les formations politiques calédoniennes ont trouvé un consensus crucial sur divers aspects, notamment la reconnaissance de l'identité kanak et le droit à l'autodétermination. Cependant, il est important de noter que le FLNKS, le principal mouvement indépendantiste, n'était pas présent aux discussions qui se sont tenues à l'Élysée.
Le nouvel « accord Élysée-Oudinot » vient compléter l'échec de l'accord de Bougival de juillet 2025, rejeté par le FLNKS, qui a boycotté les pourparlers récents. Selon le Parisien, l'accord initial prévoyait l’établissement d’un État calédonien inscrit dans la Constitution française, avec une nationalité propre, tout en conservant un lien avec la France. Ce concept a été perçu comme inacceptable par les indépendantistes, provoquant un blocage politique qui a duré plusieurs mois.
Depuis le rejet de cet accord, l'Union nationale pour l'indépendance (UNI), qui a pris ses distances avec le FLNKS, a exprimé des demandes de clarifications avant de soutenir toute nouvelle initiative. L'accord signé ce lundi tente de répondre à ces préoccupations, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle ère d'échanges politiques.
Parmi les points clés, la reconnaissance de l'identité kanak est réaffirmée, et l'accent est mis sur l'importance d'une identité calédonienne en gestation depuis les accords de Nouméa de 1998. Les signataires ont convenu que chaque Calédonien doit avoir le droit de voir ses aspirations politiques reconnues, un point fondamental dans cet accord.
Une porte ouverte pour le FLNKS
Le texte stipule également que le droit à l'autodétermination sera respecté, et que les compétences détenues par l'État pourront être transférées dans un cadre organisé. Cela pourrait potentiellement faire évoluer le dialogue avec le FLNKS, dont la participation est cruciale pour l'avenir politique de l'archipel. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a affirmé que « la porte reste ouverte » au mouvement indépendantiste, malgré les tensions actuelles.
Les signataires ont également abordé un volet économique, convenant d'un soutien financier de l'État pour relancer le développement de la Nouvelle-Calédonie, frappée par une crise économique et sociale accentuée par des violences récentes.
Le calendrier parlementaire est toutefois serré et délicat : l'adoption du projet de loi constitutionnelle au Sénat est prévue pour février, suivie d'un passage à l'Assemblée nationale en mars-avril. Cependant, plusieurs partis d'opposition, dont les sénateurs socialistes, s'opposent à l'accord, rendant son adoption incertaine.
Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, a exprimé des réserves sur la faisabilité de l'accord, évoquant des besoins de consensus élargi. Les élections provinciales, déjà reportées à plusieurs reprises, devront se tenir avant la fin décembre 2026, mais les tensions politiques pourraient encore influencer ce processus.
En résumé, cet accord représente une tentative significative de rétablir un dialogue constructif sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, malgré la complexité des enjeux qui persistent. Les experts estiment cependant qu'une véritable paix sociale ne pourra être atteinte sans la participation active des indépendantistes, soulignant l'importance d'une approche inclusive pour l'avenir de l'archipel.







