Le ministre des PME et du pouvoir d’achat, Serge Papin, a récemment initié des discussions avec les partenaires sociaux pour permettre aux salariés ayant un revenu maximum de deux Smic de retirer exceptionnellement 2 000 € de leur plan d’épargne entreprise (PEE) en 2026. Cette mesure serait défiscalisée, mais soumise à des cotisations telles que la CSG et la CRDS, touchant environ 3 millions de salariés sur les 9 millions de détenteurs d'un PEE en France, selon des données de Bercy pour 2023.
A l’origine, les fonds placés dans un PEE sont généralement bloqués pendant cinq ans. Cependant, des conditions de déblocage anticipé existent déjà, incluant des événements de la vie comme la naissance ou le divorce. La nouveauté ici est que les salariés peuvent récupérer leur épargne sans justification, une démarche qui pourrait offrir un soutien financier sans alourdir les comptes publics.
Relancer la consommation
Cette initiative visant à relancer la consommation se renforce dans un contexte où celle-ci stagne. Environ 4 milliards d'euros pourraient ainsi être injectés dans l'économie, mais le ministère insiste sur le fait qu'il ne faut pas remettre en cause l’objectif initial du PEE, qui est de financer la productivité et les entreprises. La question demeure cependant : cette aide suffira-t-elle à redonner confiance aux Français dans leur capacité à se projeter dans l’avenir ?
Serge Papin avait déjà évoqué en octobre la possibilité de débloquer des sommes d’argent afin de fournir aux salariés un accès immédiat à leur intéressement, en rendant ces aides non imposables. Bien qu'il reste encore un flou sur la mise en œuvre, des experts soulignent que les fonds investis dans les PEE ne devraient pas devenir une solution temporaire pour les problèmes de fin de mois.
En réponse à cette proposition, des représentants syndicaux expriment des réserves, la CGT dénonçant une manœuvre de communication plutôt qu'une réelle solution. La CFTC souligne que, même si l'intention est bonne, les PEE ne sont pas conçus pour résoudre les difficultés quotidiennes des salariés. Ce scepticisme est partagé par certains employeurs, qui demeurent prudents quant à l'impact d'une telle décision.







