Laure Lavalette, députée du Rassemblement national (RN) et originaire de la région bordelaise, fait ses premiers pas dans la course à la mairie de Toulon. En réponse à la vacance laissée par Hubert Falco, elle se positionne pour convaincre les Toulonnais de lui faire confiance à la tête de leur municipalité.
Dans une lettre adressée aux habitants de Toulon, Lavalette se présente en tant que "mère de famille de 49 ans" aspirant à servir la ville. Sous le slogan "Un avenir pour Toulon", elle s’affiche sans référence explicite à son parti, s'efforçant de séduire un électorat plus large. Son équipe souligne que la moitié de ses colistiers n'appartiennent pas au RN, ce qui témoigne d'un souhait d'élargir son soutien.
La députée, connue pour ses interventions sur les chaînes d'information, est consciente des défis à relever. "Nous avons de grandes chances de victoire. Le Var est un territoire patriote", a-t-elle déclaré lors d'une récente interview à BFM TV. Le RN a déjà réussi à s'établir dans des villes méditerranéennes comme Perpignan et Fréjus, renforçant ainsi ses ambitions à Toulon.
Concernant l'héritage de Falco, Lavalette reconnaît certains succès, notamment en matière de rénovation de la ville. Cependant, elle critique le déséquilibre dans le développement urbain, mettant en lumière le quartier du Pont du Las, qu'elle décrit comme "complètement abandonné". Sur son premier tract, elle promet un engagement égal pour tous les quartiers, une sécurité renforcée et des projets d'embellissement.
Cette candidature se traduit aussi par une volonté de rupture avec le passé : "Le Var a besoin d'un renouveau, tant au niveau des pratiques que de la gestion des ressources municipales", affirme-t-elle. Gilbert Dupont, politologue à l'Université de Toulon, estime que la candidature de Lavalette pourrait séduire une partie des électeurs grâce à son approche modérée. Cependant, il reste prudent, notant que les électeurs peuvent encore être marqués par les erreurs passées.
En face, elle devra affronter des adversaires tels que le sénateur Les Républicains Michel Bonnus, soutenu par Falco, et l'ancienne première adjointe Josée Massi, qui pourrait également se positionner sur le créneau de l’alternance. Les récentes affaires judiciaires autour de Falco ont secoué le paysage politique local, et Lavalette semble vouloir profiter de cette incertitude.
Pour l'heure, les espoirs du RN se heurtent à des réalités ancrées dans le passé de Toulon, une ville qui avait connu une courte expérience sous le Front National dans les années 90. Selon un sondage commandé par Le Monde, une proportion significative d'électeurs reste méfiante à l'égard de l'extrême droite, mais l'absence d'une alternance crédible pourrait l'orienter vers une nouvelle évolution politique. Avec son parcours et ses engagements, Lavalette compte bien rassembler sous sa bannière, mais sans le nom du RN, elle espère capter l'attention des Toulonnais.







