Dernièrement, Donald Trump a ravivé son désir d'acquérir le Groenland, un territoire qu'il considère comme vital pour les intérêts des États-Unis. Selon Romuald Sciora, chercheur associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), cette démarche fait partie d’une stratégie plus large visant à rejeter le système international établi après 1945 et à promouvoir un bilatéralisme où "la loi du plus fort" prévaut.
Le Groenland a toujours été d'un grand intérêt pour Washington. Historiquement, il a servi de base stratégique pour les États-Unis, qui ont même tenté de l'acheter en 1945. Aujourd'hui, la situation géopolitique pourrait favoriser une nouvelle tentative d'annexion. "Le Groenland est pour les États-Unis une sorte d'espace vital, et promouvoir sa prise de contrôle pourrait faire office de coup électoral pour Trump," explique Sciora.
En observant l'intervention récente des États-Unis au Venezuela, certains experts craignent que cette dynamique puisse conduire à des actions similaires vis-à-vis du Groenland. "Il est tout à fait plausible que les États-Unis procèdent à une annexion pacifique, évitant ainsi une quelconque confrontation militaire," note un analyste politique. Au fur et à mesure que la situation internationale se redéfinit, les instances comme l'ONU semblent perdre de leur pertinence, rendant davantage d'actions possibles sans répercussions.
Pour ce qui est des limites de cette politique d'expansion, Sciora estime que les États-Unis n’en rencontreront pas tant que ces règles ne s'appliquent pas aux deux grandes puissances que sont la Chine et la Russie. "Les frontières de l’impérialisme américain semblent s'arrêter là où commencent les intérêts stratégiques des grandes puissances concurrentes, mais entre-temps, le Groenland pourrait se retrouver sur leur chemin," conclut l'expert.
Ce cadre complexe montre que l'avenir du Groenland pourrait être bien plus lié aux ambitions américaines qu'au bien-être de ses habitants, une réalité inquiétante qui semble devoir se dessiner dans les mois à venir, alors que les élections approchent.







