À l’aube de chaque nouvelle année, nombreux sont les Français qui se retrouvent face au même dilemme : participer ou non au dry january, ce défi qui encourage à s’abstenir d’alcool pendant 31 jours. Bien que popularisé au Royaume-Uni, ce concept trouve un écho grandissant à travers l'Hexagone, où des millions de personnes optent pour une pause alcoolique après les excès des fêtes.
Depuis son introduction, près de 4,5 millions de Français s'engageraient dans cette démarche en 2024, selon des chiffres de Santé Publique France. Cela fait écho à des préoccupations croissantes sur l'impact de l'alcool sur la santé : chaque année, 49 000 décès en France sont liés à la consommation d'alcool, faisant de celui-ci la deuxième cause de mortalité évitable, juste après le tabac.
Ce mouvement de sobriété ne rencontre cependant pas l'enthousiasme suffisant de la part des autorités. Le gouvernement, tout en prônant une consommation modérée, hésite à soutenir le dry january, mettant en lumière un équilibre délicat entre la protection de la santé publique et le soutien à l'industrie viticole, essentielle à la culture et à l'économie françaises. Pour les experts, comme le Dr Martin Dufresne, médecin à l'hôpital de Bordeaux, « Si la modération est une clé, la nécessité d'un défi comme le dry january ne devrait pas être sous-estimée. C'est une occasion pour beaucoup de réévaluer leur relation à l'alcool ».
Malgré la polémique, les jeunes semblent répondre à cet appel. Une enquête récente estime qu’environ 47 % des 25-34 ans et 34 % des 18-24 ans choisissent d’observer ce mois sans alcool, révélant une tendance qui s’oppose à un modèle traditionnel français où l’alcool accompagne souvent les moments de convivialité.
Dans un contexte où il reste parfois difficile de se justifier de ne pas boire sans être qualifié de “chiant”, la société française fait face à un défi culturel énigmatique. Comme le souligne un sondage mené par le Huffington Post, les transformations des normes sociales autour de la consommation d’alcool reflètent un changement générationnel majeur, où la santé et le bien-être prime sur les anciens codes de convivialité.
À l’aube de cette nouvelle année et en l'absence de position claire du gouvernement, il est crucial que chacun trouve sa voie. Le dry january peut être une chance de réévaluation personnelle, mais il requiert aussi un soutien collectif pour changer les mentalités face aux pressions sociales.







