Un récent rapport parlementaire révèle une adoption massive de l'intelligence artificielle par les députés et leurs équipes à l'Assemblée nationale. Rédigé par les parlementaires Nicolas Bonnet et Denis Masséglia, le document n'élude pas les préoccupations liées aux risques de fuites de données, un enjeu majeur dans un contexte de digitalisation croissante.
Selon cette étude, réalisée suite à un questionnaire adressé à plus de 500 députés, 85 % d'entre eux affirment utiliser des outils d'IA, et un sur deux les emploie quotidiennement pour diverses tâches telles que la synthèse de documents, la rédaction de comptes rendus et la gestion des agendas. Notamment, des outils comme ChatGPT et l'IA développée par Mistral sont en tête des préférences des élus.
« L'ampleur de l'utilisation de ces technologies m'a surpris », déclare Nicolas Bonnet lors d'une conférence de presse. Cependant, il met en garde : « Le premier risque que nous avons constaté est celui des fuites de données ». Pour illustrer ses propos, il évoque le cas d'un collaborateur ayant connecté une IA à des adresses email de boîtes publiques, ce qui pose des questions de confidentialité et de sécurité.
Malgré ces risques, Denis Masséglia insiste sur l'importance d'accompagner les utilisateurs plutôt que de créer une atmosphère de stigmatisation vis-à-vis de ces nouveaux outils. À cette fin, les deux élus recommandent la mise en place de formations pour sensibiliser les députés aux risques associés à l'usage de l'IA et à son intégration sécurisée dans leur travail quotidien.
Les enjeux liés à la sécurité numérique ont également conduit les députés à proposer le développement d'un outil destiné à simplifier le processus d'amendement des lois. Ce nouvel outil permettrait non seulement d'écrire les amendements, mais également de visualiser en temps réel l’impact des modifications sur le texte de loi en cours.
Dans cette dynamique, l’Assemblée nationale, dirigée par Yaël Braun-Pivet, s'apprête à organiser un hackathon consacré à l'intelligence artificielle. Cette initiative vise à explorer son potentiel pour améliorer l’ensemble du parcours législatif, une occasion pour les élus de découvrir comment l’intelligence artificielle peut enrichir leur travail tout en apprenant à gérer les défis qu'elle pose.







