L'Europe pourra-t-elle bientôt dégainer des "tariffs" à la Donald Trump ? C'est la question posée en marge du récent sommet des dirigeants européens. Grâce au soutien de pays comme l'Allemagne, la Pologne et les Pays-Bas, la France espère faire aboutir une nouvelle initiative douanière visant à contrer l'importation massive de produits chinois à bas prix.
Emmanuel Macron a ouvertement exprimé son désir de voir l'Europe adopter des mesures de défense commerciale. "Il n’y a aucune raison pour que, lorsque notre souveraineté est en jeu, nous ne réagissions pas", a-t-il déclaré lors d'un discours au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) le 22 mai dernier.
Inspirée de la Section 301 américaine, qui permet aux États-Unis de sanctionner les partenaires commerciaux pour leurs pratiques jugées déloyales, cette proposition vise à donner à Bruxelles plus de pouvoir pour protéger son industrie. La France espère que cette nouvelle approche pourra entrer en vigueur rapidement, surtout dans un contexte marqué par un déficit commercial croissant avec la Chine.
Les économistes Brad Setser et Sander Tordoir soulignent dans leur rapport que "les États-Unis n’ont pas à prouver l’existence de subventions au niveau des entreprises pour imposer des droits de douane ciblés. Ils peuvent s'attaquer à des secteurs entiers tant que la distorsion persiste".
Plusieurs États membres de l'UE expriment des préoccupations quant à l'efficacité des instruments actuels pour contrer la concurrence chinoise. Un haut diplomate de l'UE a mentionné au Financial Times que, "outre un outil de diversification, il vous faudra probablement aussi un instrument de protection. Si la Chine détient une part de marché excessive, alors il faudra peut-être recourir à des droits de douane".
Ce durcissement s'observe surtout en réponse aux pratiques commerciales jugées abusives de la Chine. "Nous ne pouvons plus être naïfs face à leurs ambitions", a averti un autre diplomate de l'UE. Pendant ce temps, la Commission européenne explore également un "instrument de diversification" pour réduire la dépendance de l'Europe aux fournisseurs chinois.
Les répercussions possibles d'une telle stratégie ne sont pas négligeables, car certains pays craignent des représailles commerciales de la part de Pékin, qui a déjà imposé de nouveaux droits de douane sur certaines exportations européennes. Cependant, des voix s'élèvent pour dire qu'il est temps de faire des choix difficiles pour protéger l'industrie et l'économie européennes.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a récemment affirmé qu'il fallait "disposer des outils adéquats pour protéger notre marché en cas de besoin." Bart De Wever, le Premier ministre belge, a également soutenu cette position, affirmant que "nous sommes à un point de non-retour" et qu'il est crucial de se défendre face à la menace chinoise.
Le débat sur la mise en œuvre de ces nouvelles mesures continue de susciter des discussions intenses entre les différentes capitales européennes, mais une chose est claire : l'UE se prépare à renforcer sa défense commerciale et à naviguer dans un environnement mondial de plus en plus compétitif.







