Vers une fin du Code noir : une avancée historique dans la lutte contre l'esclavage

L'Assemblée débat de l'abrogation du Code noir, un pas vers la vérité historique.
Vers une fin du Code noir : une avancée historique dans la lutte contre l'esclavage
L'Assemblée nationale s'apprête à débattre et potentiellement abroger le Code noir, textes qui ont organisé l'esclavage dans les colonies françaises.

Ce jeudi 28 mai, les députés vont discuter d'une proposition de loi pour l'abrogation du Code noir, ces édits royaux issus des XVIIe et XVIIIe siècles qui, jusqu'à présent, n'avaient jamais été formellement abrogés. Ce vote est perçu comme une étape symbolique avant de s'attaquer à la question des réparations pour les descendants des victimes de l'esclavage.

À l'Assemblée, un vote unanime est attendu pour faire disparaitre ces textes qui, parmi d'autres horreurs de l’esclavage, considéraient les esclavisé(e)s comme "êtres meubles". Ces législations contenaient aussi des sanctions sévères pour les fuites, allant des mutilations à la peine de mort.

Un soutien de l'Élysée

La proposition de loi, portée par Max Mathiasin (Guadeloupe), a reçu le soutien d'Emmanuel Macron, qui a déclaré que conserver ces textes dans le droit français constitue "une trahison de la République". "L'esclavage a été aboli en 1848, mais ces textes demeurent une ombre dans notre législation. Il est temps de les effacer, en mémoire de ceux qui ont souffert", a-t-il ajouté.

Les discussions du jour mettront en lumière l'héritage de l'histoire coloniale française, dont les séquelles, telles que les inégalités persistantes entre les Outre-mer et le continent, continuent d'affecter la société actuelle.

Une des dispositions de la proposition exige également la remise d’un rapport gouvernemental sur les effets à long terme du droit colonial, y compris en matière de racisme et sur l’éducation liée à l'histoire de l'esclavage dans les écoles.

Réparations en question

La question des réparations devrait en effet occuper une place centrale dans les débats futurs. Lors d'une commémoration des 25 ans de la loi reconnaissant la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité, le président a suggéré que ce sujet ne devrait pas être éludé, même s'il a mis en garde contre les fausses promesses.

Des voix s’élèvent, comme celle de la députée Béatrice Bellay (PS), qui appelle à passer "de la mémoire à la réparation" avec une loi-cadre dédiée. Elle souligne que, historiquement, les réparations ont été versées aux anciens maîtres d'esclaves, laissant les victimes sans compensation.

Philippe Naillet (PS, La Réunion) a rappelé que malgré l'abolition, l'égalité n'est que formelle. Dans les Outre-mer, la pauvreté et le chômage persistent, et il appelle à des politiques publiques qui rectifient ces inégalités.

Bien que cette proposition de loi n’aborde pas explicitement le sujet des réparations, son rapporteur, Max Mathiasin, a affirmé qu'elle ne doit pas être vue comme une fin en soi. Des députés de gauche ont néanmoins proposé des amendements visant à créer un comité chargé d’évaluer les préjudices et les conditions de réparations.

Après une éventuelle adoption, le texte sera transféré au Sénat, bien qu'aucune date pour cette discussion n'ait encore été fixée.

Lire aussi

Vers une fin du Code noir : une avancée historique dans la lutte contre l'esclavage
Dans un geste symbolique, l'Assemblée nationale débat de l'abrogation du Code noir, un héritage douloureux de l'esclavage colonial. Découvrez les enjeux et soutiens politiques autour de cette initiative.
08h34
Édito
Découvrez le déjeuner controversé d'Annie Genevard avec le think tank de Vincent Bolloré. Un événement qui soulève de nombreuses questions sur les alliances politiques en France.
08h01
Macron annonce l'intégration de la Norvège dans la dissuasion nucléaire avancée
Emmanuel Macron a annoncé que la Norvège rejoignait la dissuasion nucléaire avancée politique de la France, renforçant la sécurité en Europe. Découvrez les implications de cette décision.
27 mai
Nicolas Sarkozy défend son honneur dans l'affaire libyenne lors de son dernier jour de procès
Au procès en appel sur le financement libyen de sa campagne, Nicolas Sarkozy clame son innocence. Un jugement est attendu le 29 novembre.
27 mai
Glucksmann et le dilemme du timing présidentiel
Raphaël Glucksmann, député européen, réfléchit au meilleur moment pour se déclarer candidat à la présidentielle de 2027. Découvrez l'avis d'experts sur le timing idéal et les enjeux d'une telle décision.
27 mai
Marine Tondelier propose une Assemblée nationale des enfants pour donner la parole aux jeunes
Marine Tondelier a lancé un projet pour créer une Assemblée nationale des enfants, visant à les inclure dans le débat politique. Une initiative encourageant l'implication des jeunes dans les décisions sociétales.
27 mai