Dans un entretien percutant au Parisien, Robert Bourgi affirme que Dominique de Villepin était bien informé de l’origine des cadeaux reçus durant son mandat au ministère des Affaires étrangères.
"Son talon d’Achille, c’est l’argent." Robert Bourgi, à l’origine des révélations sur les éventuels cadeaux reçus par Dominique de Villepin, ne mâche pas ses mots. Dans cette interview parue le samedi 2 mai, il dénonce à nouveau des pratiques douteuses dont l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac aurait eu connaissance.
"C’est un mensonge. Dominique ne peut pas prétendre ignorer la provenance de ces objets. Comment peut-il affirmer aujourd’hui qu’il ne savait rien alors qu’il était présent lors de ces échanges ?" déclare Bourgi en réponse aux dires de Villepin. Ce dernier avait en effet mentionné dans le magazine Complément d’enquête qu'il ne savait pas d'où venaient les cadeaux, dont un buste de Napoléon.
L’ancien conseiller de l’Élysée sous Jacques Chirac va plus loin en précisant avoir supervisé "une douzaine, voire une quinzaine" de remises d’argent entre 1997 et 2005, estimant à environ 50 millions d’euros le montant total de ces "dons".
"Je veux être un obstacle à la marche de Dominique de Villepin vers l’Élysée"
"Le talon d’Achille de Dominique de Villepin, c’est l’argent, le luxe, l’aisance", poursuit Bourgi, révélant également un désir de régler ses comptes avec l'ancien ministre. Il rappelle que l’arrivée de Villepin au poste de Premier ministre avait mis fin à ses activités, où il était responsable des "gestes d’amitié" des chefs d’État africains envers Jacques Chirac.
"J’ai déjà dénoncé tout cela en 2011 dans une interview au JDD, et aussi dans mon livre paru en 2024. Oui, je l'admets : je veux être un frein à l'ambition de Dominique de Villepin pour l'Élysée", avoue Bourgi. En réponse, Villepin suggère que ces déclarations pourraient être influencées par un certain Nicolas Sarkozy, qualifiant Bourgi de "relais fidèle de Sarkozy", sans se prononcer sur le fond des accusations.
Le dernier numéro de Complément d’enquête, diffusé le 30 avril, indique que Dominique de Villepin, potentiellement candidat à la présidentielle 2027, aurait reçu pour 125 000 euros de cadeaux. Robert Bourgi aurait joué le rôle d’intermédiaire. À noter que la valeur de ces cadeaux dépasse largement celle des costumes de François Fillon, dont les 13 000 euros, offerts en 2016, avaient également suscité une controverse. Toutefois, accepter de tels cadeaux n'était pas illégal à l'époque, laissant donc Villepin hors de tout problème d’ordre légal.







