Dans la nuit du 5 au 6 avril, une offensive menée par des drones ukrainiens a ravagé le terminal pétrolier de Sheskharis, situé à proximité de Novorossiisk, sur la mer Noire. Cette attaque souligne les efforts de Kiev pour affaiblir l'économie russe en ciblant ses exportations énergétiques, d'autant plus que la Russie tire profit des augmentations de prix du pétrole depuis le début du conflit en Iran.
“L'importante infrastructure pétrolière russe a été entièrement touchée, et un incendie majeur s'est déclaré en conséquence des frappes ukrainiennes”, rapporte The Moscow Times ce 6 avril. Le média indépendant Astra a été le premier à faire état des frappes contre Sheskharis. Cela représente “une nouvelle attaque ciblant les infrastructures vitales pour les recettes énergétiques de Moscou”, souligne The Moscow Times.
Ces dernières semaines, The Kyiv Independent a confirmé une série de frappes ukrainiennes sur divers “terminaux pétroliers russes, tant sur la mer Baltique que sur la mer Noire”. L'objectif de l'Ukraine est clair : “amenuiser les capacités du Kremlin à exporter du pétrole, surtout dans un contexte de prix mondial du brut en forte hausse”.
Selon Bloomberg, “les frappes répétées de drones ont fait tomber les exportations maritimes russes à des niveaux historiquement bas en mars”.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : les exportations de pétrole ont chuté de 43 % entre le 22 et le 29 mars, avec un volume de seulement 2,318 millions de barils par jour, contre 4,072 millions la semaine précédente. Ce sont ainsi seulement 22 pétroliers qui ont été affrétés au cours de cette période, un chiffre en nette baisse par rapport à la semaine précédente.
“Novorossiisk est le plus grand port pétrolier de la mer Noire,” rappelle Bloomberg, qui cite des images satellites de la NASA confirmant les incendies en cours. “Début mars, une précédente attaque de drones avait déjà interrompu les chargements de pétrole à cet emplacement.” Ce terminal, qui avait déjà été visé en novembre, agit comme un point clé dans le réseau d'oléoducs russe, rapportant entre 3,5 et 4,5 millions de tonnes de pétrole brut par mois - soit environ 20 % des exportations maritimes de la Russie.
Exploité par Transneft, le géant russe du pétrole, ce terminal illustre l'importance des infrastructures énergétiques pour l'économie de Moscou. L'impact de ces frappes pourrait être crucial, à la fois pour les revenus russes et pour les efforts de l'Ukraine visant à réduire l'influence pétrolière de la Russie sur le marché international.







