Un accord historique a été signé mardi 14 juillet à Bruxelles, marquant la fin des contrôles à la frontière entre Gibraltar et l'Espagne. Mercredi, Pedro Sánchez se rendra sur place pour célébrer le début de cette nouvelle ère, un événement marquant six ans après le Brexit.
Les interminables files d'attente appartiennent désormais au passé : des milliers de travailleurs espagnols et britanniques bénéficieront d'une vie quotidienne simplifiée avec la mise en œuvre d'un traité de libre circulation entre l'enclave britannique de Gibraltar et l'Espagne.
Cet accord, qui supprime les restrictions de circulation entre Gibraltar, situé à l'extrême sud de la péninsule Ibérique, et l'Espagne, a été signé mardi à Bruxelles sous l'égide de la Commission européenne, faisant suite aux complications causées par le retrait du Royaume-Uni de l'UE.
Gibraltar, un minuscule territoire britannique abritant près de 40 000 habitants, voit chaque jour passer environ 15 000 travailleurs espagnols, représentant près de la moitié de sa main-d'œuvre. Owen Smith, président de la Fédération des petites entreprises de Gibraltar, a déclaré que « cette frontière fluide va faciliter la vie », ainsi que le recrutement et la rétention de travailleurs.
« Abattre le dernier mur »
L'accord a été le fruit de longues négociations, émergeant dans le contexte de tensions persistantes entre Londres et Bruxelles après le Brexit. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a exprimé que cet accord « ouvre une nouvelle ère » avec « d'énormes possibilités trois siècles après », sur la radio Cadena Ser.
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, prévoit de visiter la zone frontalière mercredi, où des ouvriers travaillent depuis plusieurs semaines à démonter l'ancienne clôture métallique et les postes-frontières. Il a commenté que « enfin, après des centaines d'années, il va être possible d'abattre le dernier mur au sein de l'Union européenne ».
Le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, a souligné que cet accord permet de faire disparaître « les barrières physiques d'une époque révolue marquée par les tensions », tout en conservant « les clés de notre propre porte d'entrée ». Rappelons que les tensions avaient culminé en 1969 avec la fermeture de la frontière par le régime de Francisco Franco, après que Gibraltar a voté massivement pour rester sous souveraineté britannique, un accès qui ne s'est rouvert complètement qu'en 1985.
Tensions diplomatiques
Depuis cette réouverture, la relation entre Madrid et Londres a souvent été marquée par des tensions, provoquant de fréquentes files d'attente. Cette situation a donné lieu à des incertitudes pour de nombreux travailleurs, comme l'a expliqué Manuel Triano Paulete, responsable syndical de la région, qui a insisté sur le fait qu'« il est crucial que cette épée de Damoclès disparaisse ».
Gibraltar, avec une économie axée sur les services financiers et le jeu en ligne, se distingue par l'un des revenus par habitant les plus élevés au monde. Récemment, un accord provisoire entre Madrid et Londres garantissait la libre circulation à la frontière, mais la signature d'un accord définitif a tardé. Historiquement, Gibraltar a été cédé à la couronne britannique en 1713, mais Madrid n'a jamais abandonné ses revendications de souveraineté, entraînant des tensions continues.







