La militante des droits humains Sihem Bensedrine, connue pour son engagement en faveur de la justice, a récemment été condamnée à 25 ans de réclusion par un tribunal tunisien. Cette décision, annoncée le 26 juin 2026, soulève de vives inquiétudes sur l'état des droits et libertés dans le pays, particulièrement après le coup de force du président Kais Saied en juillet 2021.
Bensedrine, ancienne présidente de l’Instance vérité et dignité (IVD), fait face à des accusations liées à des falsifications dans le rapport final de l'instance, qui avait déjà auditionné des milliers de victimes des régimes de Bourguiba et Ben Ali. « Cette condamnation est une attaque directe contre la justice », a-t-elle déclaré, dénonçant ainsi ce qu’elle qualifie de « régime totalitaire » déterminé à éradiquer les avancées en matière de droits humains.
Les critiques de son verdict ne se sont pas faites attendre. Des organisations telles qu'Amnesty International et Human Rights Watch ont exprimé leur désarroi. « Ce jugement est symptomatique d’une régression inquiétante des droits fondamentaux en Tunisie », explique un expert en droits humains qui a souhaité rester anonyme. La situation se dégrade de jour en jour, l'ombre de la répression revenant sur le pays historiquement vu comme un modèle après le Printemps arabe.
En effet, la Tunisie, souvent citée en exemple pour sa transition démocratique, semble aujourd'hui s'éloigner de cet idéal. Les décisions répressives tant envers les militants que les médias illustrent un environnement hostile à toute dissidence. Les observateurs craignent que cette condamnation ne soit qu'un élément d'une stratégie plus large visant à museler l'opposition.
Le régime, en consolidant son pouvoir, affaiblit les fondements d'une démocratie naissante, et cette situation appelle à une vigilance accrue de la part des acteurs nationaux et internationaux, qui doivent se mobiliser pour préserver les acquis des révolutions passées.







