L'employeur avait fait appel à un détective privé. En Espagne, la Haute Cour de Murcie a récemment condamné une entreprise à réintégrer un salarié dans ses effectifs ou à lui verser plus de 41 000 euros suite à un licenciement jugé abusif, rapporte Noticias Trabajo.
L'incident a débuté le 16 juin 2023, lorsqu'un salarié, employé depuis 2000 dans un entrepôt, s'est blessé en chutant et a subi une rupture du tendon du pouce droit. Après une opération chirurgicale et une rééducation, il a été placé en arrêt maladie. Toutefois, le 11 janvier 2024, il a appris son licenciement.
Du sport compatible avec sa convalescence
L’entreprise a présenté à la justice les résultats d'une enquête menée par un détective, qui a révélé que durant son arrêt, le salarié avait couru dans plusieurs trails, pratiqué des activités sportives en salle, conduit sa voiture et même participé à des collectes de nourriture. L'employeur a donc accusé l'homme de manquer à son devoir de bonne foi, de fraude et d'extension indue de son arrêt de travail.
Le salarié, soutenu par ses arguments juridiques, a saisi la justice pour contester cette décision. Le tribunal a donné raison à l'employé, considérant que ses activités physiques étaient compatibles avec sa convalescence et ne constituaient pas un risque. L'entreprise a interjeté appel, sachant qu'elle avait notamment tenté de faire valoir un vice de procédure en raison du refus du tribunal de visionner certaines vidéos du salarié à la salle de sport. Cependant, ces arguments ont été balayés par la justice, qui a de nouveau soutenu le salarié.
Cette affaire soulève des questions délicates sur la gestion des arrêts maladie en entreprise. Des experts en droit du travail, comme Maître Pierre Dumont, soulignent que la jurisprudence tend à protéger les droits des salariés, en prônant un équilibre entre leur santé et leur vie professionnelle. La haute cour a donné un exemple fort de protection des intérêts des employés dans ce contexte souvent ambigu.







