Le Liban, historiquement marqué par sa diversité religieuse, se retrouve dans une situation délicate. En proie à un conflit intense entre Israël et le Hezbollah, le pays voit ses démons confessionnels resurgir. Les appels au désarmement des alliés du régime iranien et la nécessité d'une paix avec l'État hébreu font exploser les fractures entre chiites, chrétiens et sunnites. Les observateurs s'interrogent : le Liban se dirige-t-il vers une guerre civile ?
La société libanaise traverse une période de vulnérabilité accrue. Alors qu'Israël poursuit sa campagne contre le Hezbollah, les tensions internes s'exacerbent. D'un côté, certains chrétiens aspirent à une paix durable avec Israël, alors que les communautés musulmanes, chiites et sunnites, expriment leur ferme opposition à une telle perspective. À l'heure actuelle, le Liban ressemble à une poudrière susceptible d'exploser à tout moment.
Récemment, beaucoup de Libanais ont qualifié de "folie" le déclenchement du conflit par le Hezbollah contre Israël en mars, perçu comme un acte de solidarité avec l'Iran. Cet élan collectif a toutefois disparu face aux attaques israéliennes dévastatrices dans le sud-Liban, aggravant les tensions confessionnelles.
Des tensions entre les croyants
De nombreux chiites voient le Hezbollah comme leur protecteur face à l'incapacité de l'armée libanaise à les défendre, ce qui renforce l'animosité envers les chrétiens et sunnites. Dans cette atmosphère tendue, des communautaires chrétiens craignent des représailles israéliennes qui les cibleraient. La dynamique de cohabitation fragile entre ces groupes s'effrite et fait ressurgir les souvenirs d'anciennes rivières de sang.
Les chrétiens, en particulier, se tournent vers la France, leur ancienne puissance coloniale, alors que les sunnites se rapprochent de l'Arabie Saoudite et les chiites, de l'Iran. Des appels à un fédéralisme circulent parmi les chrétiens les plus radicaux, mais ces vues restent loin d'être majoritaires, bien qu'elles attirent de plus en plus de soutien selon des experts.
Cohabitation entre les différentes communautés religieuses
Cependant, envisager une autonomie chrétienne semble illusoire. Les leçons du passé, notamment l'échec de leur stratégie avec Israël dans les années 1980, rappellent que l'homogénéité régionale, comme en Irak, n'existe pas au Liban. Les chrétiens, chiites et sunnites doivent coexister sur une même terre, ce qui rend la séparation difficile.
Les questions sensibles telles que le désarmement du Hezbollah, avancées par les chrétiens et sunnites, sont des sources de discorde alors qu'une majorité chrétienne aspire à une paix avec Israël, rejetée par de nombreux musulmans tant que l'occupation israélienne persiste.
Le Hezbollah reste menaçant
Bien que le retour immédiat envers une guerre civile semble peu probable, le Hezbollah, malgré ses revers, demeure une puissance militaire redoutable. Les demandes de désarmement de la milice par la force soulèvent des préoccupations sur l'impact que cela pourrait avoir sur l'armée libanaise, qui reflète le paysage multiconfessionnel du pays. Toute tentative d'intervention pourrait provoquer des conflits communautaires.
Une alternative risquée se profile également, où le gouvernement, sous pression extérieure, pourrait être contraint de désarmer le Hezbollah. Un tel scénario pourrait transformer la milice, déjà en position fragile, et relancer des violences à l'image des assassinats ciblés du passé et des affrontements comme ceux de 2008.







