À l'heure où les autorités sanitaires surveillent de près l'épidémie d’hantavirus liée au navire MV Hondius, les comparaisons avec la crise du Covid-19 surgissent. Anne Goffard, virologue au CHU de Lille, appelle à la réflexion et à la prudence. Pour elle, la situation actuelle, bien que préoccupante, ne devrait pas susciter la panique.
Alors que le foyer d’hantavirus du navire d’expédition MV Hondius soulève des inquiétudes, Goffard rassure : "Un suivi adapté peut éviter toute propagation. Les systèmes de santé en Europe et aux États-Unis sont préparés pour prendre en charge les cas. Cela permet de mieux gérer la situation."
La Dépêche du Midi : Le rapatriement des passagers du MV Hondius dans leurs pays pourrait-il aggraver la situation ?
Anne Goffard : "Au contraire, c'est préférable. En répartissant le suivi entre les pays, on utilise efficacement les ressources disponibles. Chaque cas nécessite un suivi rigoureux pour identifier les contacts et surveiller l'état de santé des patients."
Comment se déroulent les mesures de précaution mises en place ?
"La situation est bien contrôlée. Connaître l’origine, c’est primordial. On suit de près chaque passager du bateau et on surveille leur santé. Des recommandations d’isolement et d’hygiène sont mises en place. Cela diffère grandement des débuts chaotiques de la crise Covid-19."
Doit-on s’attendre à de nouvelles épidémies d’hantavirus comme avec le Covid-19 ?
"Non, il est crucial d'éviter ce parallèle. En France, entre 50 et 100 cas sont signalés chaque année, un chiffre faible comparé à la population. Le risque de transmission entre humains est très limité, principalement dans des environnements spécifiques comme les familles."
Ce virus est-il bien connu ?
"Les connaissances sont limitées, surtout en Europe. Les recherches sont plus avancées en Amérique du Sud, où le virus est plus fréquent, mais il demeure peu étudié globalement."
Le tourisme et la mondialisation favorisent-ils l’émergence de tels virus ?
"Oui, en partie. Le contact avec la faune sauvage expose les humains à divers pathogènes. Les voyages de masse augmentent les risques, comme le montre le cas du navire. Heureusement, l'environnement d'un bateau permet un contrôle plus facile de la propagation par rapport à un avion."
Anne Goffard conclut en insistant sur l'importance de respecter les écosystèmes et de contrôler nos interactions avec eux pour prévenir de telles épidémies.







