Les quatre astronautes de la mission Artémis 2 de la NASA ont enfin pris leur envol jeudi vers la Lune, marquant le début d'un voyage promis depuis des décennies. Ce survol de l'astre historique, prévu dans quelques jours, est le premier depuis le programme Apollo, qui a pris fin il y a plus de 50 ans.
Le démarrage de cette manœuvre clé a eu lieu peu après 23H49 GMT, lorsque le vaisseau Orion a effectué une poussée cruciale, libérant la puissance nécessaire pour quitter l'orbite terrestre et entamer la route vers notre satellite naturel.
Avant le décollage, la mission de contrôle d'Houston a rassuré les astronautes : "Lorsque les moteurs s'allumeront, vous entamerez le voyage de retour de l'humanité vers la Lune". Cette phrase résonne comme un symbole d'espoir et d'anticipation pour le futur de l'exploration spatiale.
Avec cet événement, Artémis 2 devient le premier vol habité se dirigeant vers la Lune depuis 1972, période à laquelle les astronautes n'avaient plus quitté le voisinage immédiat de la Terre, se contentant surtout de missions vers la Station spatiale internationale (ISS).
La Lune, située à plus de 384 000 kilomètres, est environ 1 000 fois plus éloignée de la Terre que l'ISS. L'équipage mettra entre trois et quatre jours pour rejoindre sa destination, sans effectuer d'amerrissage, mais en effectuant un survol qui les amènera derrière la face cachée lundi, avant de revenir sur Terre le 10 avril.
Ce vol permettra à l'équipage de battre un record en s'aventurant plus loin dans l'espace que n'importe quel autre équipage avant eux.
La trajectoire de leur voyage a été soigneusement calculée pour que le vaisseau soit attiré vers la Lune, retournant ensuite directement vers la Terre sans besoin de propulsion pour le retour. Ce choix stratégique comporte cependant un risque : une fois la poussée initiale donnée, il n'y a pas de retour possible.
Pour limiter les risques, les astronautes - Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen - ont effectué plusieurs vérifications dans les 24 heures suivant leur départ, afin de s'assurer du bon fonctionnement de leur vaisseau, Orion, qui n'avait encore jamais transporté d'humains.
Artémis 2 représente réellement "le premier acte" en vue d'un retour programmé sur la Lune d'ici 2028, explique Jared Isaacman, un responsable de la NASA. "Nous avons absolument besoin que cela fonctionne", renchérit Casey Dreier de The Planetary Society, alors que des nuages d'incertitude planent sur le moral de l'agence à cause de soucis budgétaires et d'un départ massif de chercheurs, en particulier ceux spécialisés sur les enjeux climatiques.
De plus, cette mission est également marquée par une diversité inédite. Artémis 2 est la première mission lunaire à inclure une femme, un homme noir et un non-Américain, contrastant avec l'homogénéité des équipes Apollo. En parallèle, l'Europe participe activement au programme, ayant conçu le module de propulsion d'Orion et prévu l'envoi de leurs propres astronautes lors de prochaines missions, y compris vers la Lune.
Cependant, la NASA a récemment modifié certains aspects de la suite du programme Artémis, annulant le projet de station lunaire, laissant planer des incertitudes quant au placement des astronautes européens dans les futures missions. Josef Aschbacher, directeur général de l'Agence spatiale européenne, a souligné qu'il y avait urgence à négocier cette collaboration essentielle.







