Le 21 mai 2026, une perquisition a été effectuée au palais de l’Élysée dans le cadre d'une enquête sur des accusations de favoritisme et de corruption, comme l'a confirmé le Parquet national financier (PNF). Cette opération concerne spécifiquement l'attribution des marchés publics pour les cérémonies d'entrée au Panthéon, un dossier dont les enjeux financiers s'élèvent à environ 2 millions d'euros par événement.
Cette perquisition, la seconde du genre, a eu lieu au palais présidentiel dans le contexte d'une investigation ouverte en octobre 2025 pour "favoritisme, prise illégale d'intérêt, corruption et trafic d'influence". Le PNF a précisé que "ces opérations ont été précédées d'échanges institutionnels" pour en permettre le bon déroulement.
Pourquoi une telle perquisition ?
Les enquêteurs s'interrogent sur l'absence de concurrence concernant la société Shortcut Events, choisie pour organiser les cérémonies d'entrée au Panthéon pendant 22 ans. Chaque cérémonie aurait coûté à l'État "autour de 2 millions d'euros", selon Le Canard Enchaîné, qui a initialement révélé l'affaire. Cette situation soulève des doutes quant aux processus d'attribution des marchés.
Une enquête de Libération publiée en juin 2024 avait déjà mis en lumière la domination de Shortcut Events sur toutes les cérémonies au Panthéon depuis 2002, dissuadant toute forme de concurrence et soulevant des questions éthiques.
Une première tentative bloquée
Il est à noter qu'une première tentative de perquisition le 14 avril 2026 avait échoué. Les enquêteurs s'étaient heurtés à une interprétation de l'article 67 de la Constitution, qui stipule que le président de la République n'est pas responsable des actes accomplis dans l'exercice de ses fonctions. Ce cadre légal complique l'accès des autorités judiciaires aux lieux de la présidence.
La dernière perquisition au palais de l’Élysée avant celle-ci remonte à 2018, dans le cadre de l'affaire Benalla. Interrogée par l'AFP, la présidence n'a pas souhaité faire de commentaires pour le moment.







