Dimanche, l'Iran a pris la décision inattendue de fermer le détroit d'Ormuz, suite à un regain d'hostilités avec les États-Unis. Cette décision survient après l'attaque d'un cargo dans cette voie maritime cruciale, régulant environ 20 % du commerce mondial des hydrocarbures. La tension résurgente remet en question le fragile cessez-le-feu établi depuis quelques mois.
Ishaq Dar, ministre des Affaires étrangères du Pakistan, a été appelé en tant que médiateur dans ce conflit qui s'est intensifié depuis fin février à la suite d'attaques américano-israéliennes. Il a exprimé des préoccupations majeures concernant l'escalade des tensions et a appelé à la nécessité de la retenue entre les deux nations, comme l'indique le reportage de Le Monde.
Les récents événements ont également touché les pays voisins du Golfe. Au Koweït et aux Émirats, les sirènes d'alerte ont retenti, signalant des attaques aériennes. Des témoins à Doha, au Qatar, rapportent des explosions et des interceptions d'envahisseurs dans le ciel, comme le souligne l'AFP.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir visé une base aérienne américaine au Qatar comme réponse à des frappes continues des États-Unis. Ils ont également revendiqué une attaque rare contre le sultanat d'Oman, où ils affirment avoir détruit des points de logistique militaires américains, selon l'agence de presse irienne IRIB.
Parallèlement, la Jordanie a signalé avoir subi des frappes de missiles iraniens, soulignant l’ampleur croissante du conflit. L'Iran a justifié la fermeture du détroit, soulignant des infractions à la sécurité maritime par des navires négligents, tandis que plusieurs médias maritimes, comme UKMTO, confirment une attaque sur un cargo, le GFS Galaxy, provoquant des evacuations par canot de sauvetage.
En réponse, le Commandement central américain (Centcom) a rapporté procéder à environ 140 frappes sur des installations militaires iraniennes récemment, ciblant des infrastructures de missiles et de drones. L'intensification des frappes américaines exacerbe les tensions, comme l’a noté la BBC.
Les conséquences géopolitiques de cette situation sont considérables, d'autant plus que le gouvernement iranien a récemment averti que tout retour à une navigation sans entrave dans le détroit d'Ormuz n'était pas en discussion. Téhéran a limité le passage à une route unique le long de ses côtes, contestée par les États-Unis.
Les récentes négociations entre l'Iran et Oman, avec une délégation du Qatar, visent à établir des modalités de gestion du trafic maritime dans le détroit, mais il reste à voir si cela apaisera les tensions actuelles.
Les États-Unis, déjà en alerte, poursuivent leurs opérations militaires dans la région, et les hostilités réciproques révèlent les fractures profondes entre Washington et Téhéran. Le chef suprême iranien a récemment indiqué que la “vengeance” serait inévitable après les attaques militaires, ajoutant à l’incertitude croissante.







