Depuis le 7 juillet, la France endure une troisième période de canicule. Dans ce contexte, l'État a accordé à EDF une dérogation jusqu'au 20 juillet concernant les limites de température de ses rejets d'eau. La mesure vise à garantir la « sécurité du réseau électrique » malgré les implications possibles pour les écosystèmes, notamment les poissons et autres espèces aquatiques.
Selon un arrêté publié par Bercy au Journal officiel, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a temporairement modifié les seuils de rejets thermiques applicables à la centrale. Cela permet à EDF de rejeter de l'eau à une température supérieure d'un degré, atteignant ainsi 27 degrés, alors que la limite habituelle est de 26 degrés.
Cette décision apparaît comme une nécessité pour maintenir la production d'électricité, surtout après que plusieurs réacteurs ont été arrêtés ces dernières semaines pour ne pas dépasser les seuils autorisés. Comme l'indique Franceinfo, de nombreuses centrales, y compris celles de Golfech et du Tricastin, ont également été affectées par cette canicule.
Un compromis entre production électrique et biodiversité
EDF a justifié sa demande de dérogation en soulignant l'importance de garantir une production électrique essentielle, surtout en période de forte demande. L'arrêté stipule que la mesure est accompagnée d'un programme de surveillance renforcée de l'impact environnemental lié à ces rejets.
L'ASNR fixe des plafonds thermiques pour les rejets des centrales, qui doivent se situer au-dessous des seuils critiques pour la biodiversité. Toutefois, la hausse modérée de température, comme celle approuvée par cette dérogation, ne devrait pas affecter le fonctionnement des réacteurs, selon des experts.
« Si ces limites ne sont pas ajustées, EDF pourrait être contraint de réduire sa production, ce qui serait préjudiciable pour le réseau », a souligné un porte-parole d'EDF.
Les dérogations environnementales pour les centrales nucléaires ne sont pas inédites en période de canicule. Lors de la forte chaleur de l'été 2022, des mesures similaires avaient été mises en place pour plusieurs centrales, ce qui a soulevé des préoccupations sur la durabilité de l'approvisionnement énergétique en période de changement climatique.







