Le taux de chômage des jeunes au Royaume-Uni a augmenté de manière significative ces dernières années. Un rapport commandé par le gouvernement a averti que si des mesures ne sont pas prises, jusqu'à 1,25 million de jeunes pourraient se retrouver sans emploi ni formation dans cinq ans, ce qui entraînerait un coût économique estimé à 144 milliards d'euros.
Selon l'Office national des statistiques (ONS), ce chiffre a atteint son plus haut niveau depuis 2013. Alan Milburn, ancien ministre travailliste et auteur de ce rapport, souligne que le décrochage professionnel est devenu permanent pour un trop grand nombre de jeunes. "Nous risquons de nous retrouver avec une génération perdue", a-t-il déclaré.
Lauren, 24 ans, titulaire d'un diplôme de littérature de l'université de Cambridge, témoigne de ses difficultés à trouver un emploi dans le secteur de la communication. "Je pensais que je trouverais un travail facilement, mais les offres se font de plus en plus rares", dit-elle à l'AFP. Pourtant, elle ne se considère pas comme paresseuse, mais plutôt comme victime d'un système d'embauche rigide et exigeant.
En plus de cette précarité, l'impact de l'intelligence artificielle est également une source de préoccupation. "Les entreprises n'ont plus besoin de payer pour certaines tâches, comme la rédaction, grâce à des outils comme ChatGPT", déplore-t-elle.
Une étude récente révèle que le nombre de jeunes déclarant ne pas travailler à cause de problèmes de santé mentale a bondi de 70% au cours de la dernière décennie. Milburn a précisé que les défis en matière de santé mentale empêchent souvent ces jeunes d'accéder à des opportunités de travail.
Cette situation soulève des inquiétudes quant à l'avenir socio-économique du Royaume-Uni. Les Chambres de commerce britanniques insistent sur le fait que les entreprises sont toutes conscientes de ces difficultés et demandent des interventions gouvernementales urgentes. Le taux de chômage global a fréquemment fluctué, atteignant récemment 5%.
Shana Fatahali, 23 ans, partage son expérience, réfutant l'idée que les jeunes sont paresseux. Elle explique qu'"on postule à tant d'emplois sans aucun retour, c'est décourageant". Le rapport Milburn met ainsi en lumière une problématique complexe et pressante qui exige une attention immédiate.







