C'est une véritable avancée que Velvet, la société fondée par Rachel Picard en 2020, vient de réaliser en présentant son premier TGV. Ayant quitté la SNCF après avoir géré voyages-sncf.com, Picard a réussi à lever un milliard d'euros pour la création de 12 rames de train, construites par Alstom. Ces trains visent à répondre à une demande croissante de services ferroviaires dans l'ouest de la France.
La première rame, ornée de livrées vertes et roses, a suscité une grande émotion chez Picard. "C'est un moment très émouvant pour nous tous. Nous avons hâte de le voir sur les rails", a-t-elle commenté lors de la cérémonie à La Rochelle, à l'endroit où ces rames sont assemblées.
"C'était un grand défi. On est les seuls pour l'instant à l'avoir relevé en France", témoigne Timothy Jackson, partenaire de Picard.
La phase suivante pour Velvet comprendra des tests de performance, avec des essais statiques qui débuteront prochainement, suivis de tests en conditions réelles. Le démarrage commercial est prévu pour 2028, avec des liaisons entre Paris et des villes comme Bordeaux, Nantes et Angers.
Répondre à une crise de capacité
Rachel Picard souligne la nécessité de son offre face à une saturation du réseau actuel. "15% des passagers restent à quai, nous projettont de fournir 10 millions de places supplémentaires".
Rachel Picard a également évoqué la stratégie de Velvet pour se démarquer dans un secteur dominé par la SNCF. "Nous offrons une alternative qui vise à compléter l'offre existante, sans nous positionner comme un concurrent direct", explique-t-elle, tout en gardant le secret sur le modèle tarifaire et les aménagements intérieurs de ses rames, qui promettent d'être innovants.
Les trains sont construits selon la plateforme de l'Avelia Horizon, similaire à celle des TGV M de la SNCF, mais sans certaines technologies spécifiques qui pourraient retarder leur mise en service. "Nous mettons notre valeur ajoutée dans l'expérience client. De nombreux éléments restent à dévoiler", assure Timothy Jackson.
Un engagement financier conséquent pour la rentabilité
Velvet prévoit de contribuer à hauteur de 200 millions d'euros par an en péages. Cet investissement témoigne de l'ambition du nouvel acteur de s'établir durablement, malgré les défis financiers inhérents à ce secteur. La société mise sur une flotte capacitaire de 600 sièges, essentielle pour optimiser ses chances de succès commercial.
"La concurrence est un moteur de croissance. Nous avons l'objectif clair de relier davantage de villes et d’étendre notre réseau progressivement", conclut Picard.
Avec de telles ambitions, Velvet représente une alternative prometteuse pour le paysage ferroviaire français, déjà en pleine évolution avec des acteurs concurrents et des réponses aux besoins des voyageurs.







