Martine Gruère, dans sa chronique bi-mensuelle, aborde les préjugés liés à l'âge et à la beauté. Cette fois-ci, elle se penche sur son parcours capillaire.
Naturellement auburn, ses cheveux suscitaient des compliments qu'elle a rapidement appris à détester. "Je ne souhaitais pas être réduite à ma coiffure", confie-t-elle. À l'âge de 11 ans, elle a donc décidé de fonctionner différemment et a opté pour une coupe courte, à la grande déception de ses parents.
Au fil des années, Martine est passée par toutes les coupes possibles : cheveux longs, courts, tressés ou chignonnés. Puis, sont arrivés les premiers signes de l'âge, des cheveux blancs, qu'il lui a fallu cacher avec des teintures régulières, selon les conseils de ses petits-enfants. Ce processus a duré plusieurs années avant qu'elle ne remarque un changement inattendu : sa couleur devenait de plus en plus blonde.
"Peut-être que le soleil ou le coiffeur y sont pour quelque chose", se demande-t-elle. Quoi qu'il en soit, cette nouvelle teinte a été accueillie avec enthousiasme, même par son mari, habituellement peu locace en matière de compliments. À 77 ans, Martine envisage désormais d'embrasser ses cheveux blonds avec fierté, se moquant des conventions de beauté en raison de son âge.
Martine Gruère est une fervente défenseure des droits des seniors. Ancienne directrice générale de l'École des parents et éducateurs en Île-de-France, elle est également vice-présidente d'Old'Up, une association engagée à libérer la parole des retraités au moyen de groupes de parole et d'ateliers d'expression. Old'Up fait entendre la voix des "Vieux" dans les débats publics et milite pour une vision positive du vieillissement.







