Le paysage financier repose sur trois grandes familles d'institutions : les banques commerciales, les banques d'investissement et les banques centrales. Chacune intervient à un niveau différent du système économique, avec des objectifs, des clients et des outils propres. Saisir leurs missions permet d'appréhender comment circulent l'argent, le crédit et les risques au cœur de l'économie.
Trois familles, trois missions
Les banques commerciales gèrent l'épargne et les paiements du grand public et des entreprises. Les banques d'investissement accompagnent les acteurs sur les marchés de capitaux, les fusions-acquisitions et la structuration financière. La banque centrale, elle, pilote la politique monétaire, assure la stabilité financière et agit en dernier recours pour fournir des liquidités.
Banques commerciales : services quotidiens et création monétaire
Les banques commerciales offrent des comptes courants et d'épargne, des moyens de paiement (cartes, virements), des crédits (consommation, immobilier, entreprises) et des services de gestion patrimoniale. En collectant des dépôts puis en octroyant des prêts, elles jouent un rôle d'intermédiaire financier et participent au processus de création monétaire moderne : une partie des dépôts est transformée en crédits qui augmentent la masse monétaire en circulation.
Fonctions clés :
- collecte des dépôts et facilitation des paiements ;
- accord de prêts et financement de l'économie ;
- services de gestion d'actifs et conseil financier pour particuliers et entreprises.
Ces établissements sont soumis à des exigences prudentielles (fonds propres, ratios de liquidité) issues notamment des accords de Bâle III et sont supervisés par des autorités nationales et européennes. Exemples en France : BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale.
Banque centrale et banques d'investissement : missions, outils et évolutions
La banque centrale (BCE, Fed, Banque d'Angleterre...) a pour vocation de garantir la stabilité des prix et la résilience du système financier. Ses outils incluent les taux directeurs, les opérations d'open market, les réserves obligatoires et, en période de crise, des mesures non conventionnelles comme les programmes d'achat d'actifs (quantitative easing). Elle agit aussi en tant que prêteur en dernier ressort pour prévenir les faillites systémiques et gère les réserves de change.
Les banques d'investissement, quant à elles, sont spécialisées dans :
- la levée de capitaux (introductions en bourse, émissions d'actions et d'obligations) ;
- le conseil en fusions-acquisitions et en restructuration ;
- le trading et la fourniture de liquidité sur les marchés, ainsi que la gestion d'actifs pour clients institutionnels et fortunés.
Ces acteurs sont fortement régulés pour limiter les conflits d'intérêts et les risques systémiques (autorités comme la SEC, la FCA, l'AMF). Des banques comme Goldman Sachs, J.P. Morgan ou Deutsche Bank combinent souvent plusieurs métiers, mêlant banque d'investissement et prestations de marché.
Aujourd'hui, le secteur évolue : la digitalisation, l'essor des fintechs, la pression réglementaire post-2008, les taux faibles ou négatifs et le débat sur les monnaies numériques de banque centrale (CBDC) modifient les contours des activités bancaires. Comprendre ces différences aide à mieux lire l'actualité financière et à évaluer les rôles respectifs dans la stabilité et le financement de l'économie.







