À la tête de deux prestigieux restaurants, Hélène Darroze, jurée de « Top Chef », évoque la place des femmes dans la gastronomie.
Un prix symbolique pour les femmes chefs
Hélène Darroze. - Recevoir un prix reconnu par 900 votants à travers le monde est profondément émouvant pour moi. Ce prix n'est pas seulement une reconnaissance personnelle, mais un hommage aux femmes dans notre profession, qui méritent d'être mises en avant. Actuellement, la mixité dans mes équipes varie entre 25 % et un tiers de femmes en cuisine. À Londres, sur quatre sommeliers, une femme se distingue, et ma directrice de salle est également une femme. Je suis déterminée à offrir des opportunités aux femmes talentueuses, car elles sont souvent moins visibles. Mon souhait ultime serait d'avoir une femme en tant que bras droit en cuisine !
Des différences de style en cuisine
Les femmes et les hommes cuisinent-ils différemment ?
Je pense qu'il existe des nuances de sensibilité entre les sexes. Personnellement, je cuisine selon mes émotions et mon instinct, traits souvent associés à la féminité. Les hommes peuvent avoir une approche plus technique, mais il y a également des chefs masculins qui expriment une sensibilité similaire à celle des femmes.
Les défis pour les femmes chefs
Pourquoi la profession reste-t-elle si masculine ?
Atteindre un si haut niveau en gastronomie requiert des sacrifices considérables. Pour ma part, j'ai eu des enfants tardivement, à 40 ans. J'ai atteint le niveau d'excellence avec mes étoiles à 32 ans, ce qui m'a demandée un engagement total. Beaucoup de jeunes talents que j'ai formés ont choisi la voie de la famille, privilégiant un équilibre plus flexible. Contrairement à l'idée reçue d'un milieu misogyne, je n'ai jamais vécu cela. Certes, la gastronomie est exigeante, mais j'ai toujours su m'adapter et je souhaite soutenir mes filles si elles choisissent cette voie.







