À partir du lundi 5 janvier 2025, plus de 30% des médecins libéraux en Mayenne se sont mobilisés, selon les déclarations du président de la branche généraliste du syndicat CSMF. Ce mouvement de grève, qui devrait s'étendre sur dix jours, est une réponse directe aux nouvelles propositions du projet de la Sécurité sociale, qui inclut des restrictions sur les prescriptions d'arrêts maladie.
Des nombreux cabinets de médecins généralistes et spécialistes ont fermé leurs portes, illustrant ainsi la profondeur du mécontentement au sein de cette profession. Les raisons de ce mouvement sont variées, mais la limitation des prescriptions d'arrêts maladie figure comme le point central de la colère des médecins.
L'article 17 du projet de loi visant à lutter contre les fraudes sociales et fiscales impose des quotas de prescription aux médecins. Concrètement, ils devront réduire de 15% leurs arrêts maladie, sous peine d'encourir des amendes dépassant les 10 000 euros. Cette pression pèse lourd sur les praticiens, comme en témoigne Thibault Barbier, généraliste à Château-Gontier : "Si demain, l'Assurance Maladie m'indique que j'ai prescrit trop d'arrêts, je risque de changer de travail".
Le climat de tension est palpable. Luc Duquesnel, également médecin généraliste et président de la branche généraliste du CSMF, n'hésite pas à désigner cette situation comme "une épée de Damoclès au-dessus de notre tête". En fermant son cabinet pendant dix jours, il soulève une question pressante : "Tout cela dans un texte qu'on appelle 'fraude sociale', cela veut dire que nous sommes des fraudeurs ?"
Les responsables gouvernementaux, quant à eux, voient cette réforme comme indispensable pour maîtriser le coût des indemnités journalières, qui ont augmenté de 6% chaque année entre 2019 et 2023. Cependant, de nombreux praticiens estiment qu'il serait plus judicieux de s'attaquer aux causes dans le milieu professionnel, notamment les états dépressifs en augmentation. Luc Duquesnel déclare : "Nous devons aborder ces questions avec une perspective plus large, plutôt que de sanctionner les médecins".
Ce mouvement de grève pourrait donner une résonance significative à la discussion sur la santé au travail en France et pourrait potentiellement engendrer des changements au sein des politiques de la santé publique.







