La réalisatrice Andrea Bescond, célèbre pour son engagement contre les violences faites aux enfants, a été interpellée lundi lors d'un rassemblement organisé devant le ministère de la Justice. Cette mobilisation visait à dénoncer les lacunes judiciaires dans les affaires de pédocriminalité, à la suite du meurtre tragique de la petite Lyhanna. Dans un communiqué, elle a fait état de "douze heures de détention arbitraire", une accusation qui soulève des questions sur la légitimité des mesures prises par les forces de l'ordre.
Les avocates de Bescond, Mes Gwendoline Tenier et Marie Grimaud, ont souligné qu'elle n'avait été ni auditionnée, ni examinée par un médecin, et qu'elle n'avait pas eu accès à un avocat durant sa garde à vue. "Nous n'avons pu échanger avec elle qu'à sa sortie", ont-elles déclaré, choquées par ces conditions. La réalisatrice, connue pour son film "Les Chatouilles", a été libérée le lendemain matin après une nuit difficile, au cours de laquelle elle a raconté avoir été malmenée et intimidée.
Une garde à vue contestable
Dans une réponse à l'AFP, le parquet a précisé que la décision de garde à vue relevait de l'officier de police judiciaire, qui avait informé le parquet pour assurer la régularité de la procédure. Il a également indiqué avoir levé la garde à vue dès qu'il en avait été avisé, jugée disproportionnée. Cependant, Bescond a exprime son désarroi face à l'absence de justification de son arrestation et à l'inoffensivité de ses droits.
Les avocates de Bescond ont déclaré : "Nous dénonçons fermement cette mesure de détention qui contrevient à tous les principes légaux." Elles appellent à une réflexion sur la manière dont la justice traite les voix qui s'élèvent contre les injustices, notamment en matière de pédocriminalité.
Mobilisation massive et inquiétudes croissantes
La manifestation a rassemblé plus de 60.000 personnes à travers la France, témoignant d'un ras-le-bol face à l'inaction des autorités judiciaires. Le rassemblement à Paris, bien que contesté par la préfecture de police, a vu l'afflux de milliers de personnes désireuses d'exprimer leur colère après le meurtre de Lyhanna, une collégienne de 11 ans. Avec des accusations de négligence à l'encontre de la justice, les avocates de Bescond soulignent le risque d'une perte de confiance face à un système jugé trop souvent inerte.







