La Sarthe se retrouve à la croisée des chemins en matière de formation des enseignants. Les enseignants de l'Université du Mans expriment de vives inquiétudes concernant l'avenir du master d'enseignement, face aux nouvelles modalités du CAPES.
Ces défis sont accentués par une récente décision qui pourrait priver les lauréats en Histoire-Géographie et en STAPS d'une formation à proximité. Selon des enseignants, aucune admission ne serait prévue au Mans pour les deux prochaines années, incitant certains d'entre eux à lancer une pétition pour sauver le programme.
Incertitudes sur le terrain
Les doutes entourant les modalités d'accueil des nouveaux lauréats demeurent. Héloïse Brocard, étudiante en licence d'Histoire-Géographie, souligne l'incertitude qui pèse sur son avenir. Elle déclare : "Si je suis lauréate, j'aimerais avoir la chance de me former au Mans, et non à Nantes. Les problèmes de logement se posent déjà, et la pression est forte avec un calendrier si serré." Ce sentiment d'incertitude est partagé par Vincent Corriol, responsable du master d'Histoire-Géographie, qui constate un flou constant sur les préparatifs de la rentrée.
Des solutions en vue, mais des inquiétudes persistent
Au cours des deux prochaines années, l'INSPÉ de Nantes a prévu d'accueillir seulement les étudiants en deuxième année de master d'enseignement. Car, comme l'indique James Robichon, directeur du département des STAPS, écarter ces formations du Mans pourrait être une erreur : "Cela éloigne l'ascenseur social pour de nombreux étudiants. Beaucoup d'entre eux ne suivraient jamais ce parcours s'il n'était pas proposé localement." En attendant, le directeur de l'INSPÉ de Nantes, Mohamed Bernoussi, rassure : la réduction d'activité n'est qu'une phase transitoire liée à la baisse des lauréats.
Avenir des non-lauréats en jeu
Un autre enjeu crucial est l'avenir des non-lauréats. Alors que certains INSPÉ offrent des solutions aux étudiants qui échouent au concours, l'Académie de Nantes semble moins engagée, laissant craindre pour l'avenir de ceux qui vont se retrouver sans soutien. "Le gouvernement doit prendre des mesures pour s'assurer que ces étudiants ne sont pas laissés pour compte", conclut Robichon, soulignant l'importance d'un accompagnement constant.
Face à ces défis, l'engagement des enseignants et des étudiants reste fort, témoignant de leur détermination à défendre l'éducation dans la Sarthe.







